Situation
Un CODIR qui ne décide pas : comment en sortir
Un codir qui ne décide pas, ce n'est presque jamais un problème de personnes : personne n'a dit qui décide, ni comment. Ce que ça cache, et par où commencer.
La question telle qu'on nous la pose
« Comment faire pour que le CODIR soit vraiment le lieu où on prend des décisions ? »
Un CODIR qui ne décide pas, ce n'est presque jamais un problème de personnes. C'est qu'on n'a pas dit, avant de discuter, qui décide et comment. Tant que ce point n'est pas réglé, vous pouvez changer l'ordre du jour, la salle et la durée : il n'en sortira toujours rien.
Ce qui se passe vraiment dans un CODIR qui ne décide pas
Un dirigeant me l'a demandé avec ces mots : « Que le CODIR soit vraiment le lieu où on prenne des décisions, une grosse heure, 1h30 grand max. » Un autre, dans un grand groupe, décrivait « un CODIR hebdo d'où il ne sort jamais rien ». Les deux parlent de la même chose.
Ce qui se passe, vous le connaissez. Un sujet remonte. Chacun donne son avis, souvent le même que la semaine dernière. On regarde l'heure, et on finit par « on en reparle la semaine prochaine ». Le compte-rendu liste les points abordés. Il ne liste pas une décision.
L'autre cas est plus sournois : la demi-décision. On a décidé le principe, mais pas qui le porte, ni pour quand, ni ce qu'on arrête de faire à la place. Chacun repart avec sa version. Une demi-décision égale un bordel au carré.
La prise de décision en CODIR se joue avant la discussion
La règle que je répète en cadrage : dire qui décide avant de discuter. Il y a trois cas possibles, et les trois sont valables. Le dirigeant écoute puis tranche seul. Le CODIR décide ensemble. Ou la décision est déléguée à un membre, qui la prend et la rend. Ce qui casse tout, c'est de ne pas le dire. Le groupe discute comme s'il décidait, le dirigeant tranche ensuite dans son bureau, et la fois suivante plus personne ne s'engage dans la discussion. Faciliter, ce n'est pas arbitrer.
Ce que ça cache : le consensus mou
Trois mots qu'on mélange tout le temps. Le consensus, c'est quand tout le monde adhère. Le compromis, c'est quand chacun lâche un peu et que personne n'est content. Le consentement, c'est quand personne n'a d'objection majeure. Décider, ce n'est pas que tout le monde soit content. Un comité qui vise le consensus à chaque fois finit par ne plus rien fermer, ou par fermer des décisions si molles que le lundi, rien ne bouge.
Un dirigeant me disait, à propos d'une instance qu'il préside : « Dès que je leur fais une proposition, j'ai droit à un non tout de suite. » Le « non » arrive souvent parce que la proposition arrive fermée, et que refuser est la seule manière d'exister dans l'échange. Personne n'a posé la question qui change tout : qu'est-ce qui vous manque pour dire oui ?
Un comité de direction inefficace est souvent un comité qui informe
Regardez l'ordre du jour de votre CODIR hebdo. S'il commence par un tour de table où chacun raconte sa semaine, vous avez une réunion d'information, pas un lieu de décision. Une réunion sert à décider ou à produire. L'information, c'est un mail. C'est le même mécanisme que pour sortir de la réunionite : tant que la réunion n'a pas une question à laquelle le groupe doit répondre, elle tourne.
Ce qu'il ne faut pas faire
Ajouter un outil sans changer la règle. Un comité de direction nous a demandé « un outil qu'on utiliserait dans le cadre de nos CODIR hebdos et mensuels ». Un outil, oui, mais après avoir dit qui décide et comment. Sinon vous aurez un joli tableau, et toujours pas de décision.
Allonger. 1h30 grand max, le dirigeant a raison. Un CODIR de trois heures ne décide pas plus, il s'épuise plus.
Tout passer au vote. La majorité fabrique des perdants, et les perdants freinent en sortant de la salle.
Faire faciliter le CODIR par le dirigeant lui-même. Il ne peut pas tenir le processus et défendre son avis en même temps. Pour un CODIR de 8 à 12, il faut 2 facilitateurs : l'un tient le déroulé et le temps, l'autre regarde le groupe et note ce qui se dit et ce qui ne se dit pas.
Ce qu'on fait à la place
D'abord la question à décider. Une seule, écrite au mur, formulée de façon à ce qu'on puisse y répondre ce jour-là. Ensuite, qui décide, dit à voix haute avant le premier mot de discussion.
Puis on fait sortir les désaccords au lieu de les laisser sous la table. Le débat mouvant est fait pour ça : une affirmation tranchée, chacun se place physiquement d'un côté, et on entend les arguments des « non » avant de s'enfermer. Enfin on ferme avec la décision par consentement : une proposition, des clarifications, des réactions, puis on cherche les objections majeures et on amende jusqu'à ce qu'il n'y en ait plus. Ce n'est pas que tout le monde soit content. C'est que personne n'ait de raison sérieuse de bloquer.
La décision s'écrit devant tout le monde : quoi, qui, pour quand. On la relit à voix haute. Et on la cadence à 48 heures, une semaine, trois semaines, sinon elle rejoint les autres. C'est ce que détaille la page sur le plan d'action après le séminaire. Si ce qui bloque vraiment, ce sont des choses que les membres ne se disent pas, commencez plutôt par se dire les choses en équipe.
Les méthodes qui répondent
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Débat mouvant
Pour faire sortir les désaccords debout, avec leurs arguments, avant de fermer quoi que ce soit.
Décision par consentement
Pour fermer une décision sans attendre que tout le monde soit content.
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