Méthode · Yoan Lureault, Insuffle, premier geste du Futur Désiré®
Enlever avant d'ajouter : les quatre retraits qui changent un CODIR
Enlever avant d'ajouter : pour changer un CODIR, on retire l'ordre du jour, l'écran, la table et l'ordre de parole, ensemble. Sans demander la permission.
Enlever avant d'ajouter, c'est le seul outil de cette boîte qui retire au lieu d'ajouter : pour changer un CODIR ou une réunion d'équipe, on enlève l'ordre du jour, l'écran et les supports, la table, et l'ordre de parole. Les quatre en même temps. C'est le premier geste qu'on propose à un dirigeant qui dit « un CODIR hebdo d'où il ne sort jamais rien », parce qu'il ne demande la permission de personne.
À quoi sert vraiment enlever avant d'ajouter
Tous les autres outils ajoutent quelque chose : un diagnostic, une lecture, un rythme. Celui-là enlève. Une équipe qui croule sous les process n'a pas besoin d'un process de plus.
Les quatre retraits. L'ordre du jour : douze points deviennent une seule question. Tant qu'il y a une liste, la réunion est une course. On avance, on coche, on ne pense pas. L'écran et les supports : tant qu'il y a un document, on commente le document. Sans document, on parle de la situation réelle. La table : elle dit qui préside, qui est loin, qui prend des notes. En cercle sans table, plus personne ne se cache derrière un meuble ni derrière son ordinateur. L'ordre de parole : le dirigeant ne parle plus en premier. Tant qu'il ouvre, chacun se positionne par rapport à lui au lieu de dire ce qu'il pense.
D'où ça vient : une mission réelle. Un comité de direction commence autour d'une grande table avec un PowerPoint, et finit en cercle, sans écran, à parler de ce que le dirigeant désire et de comment le mettre en œuvre. Le dirigeant, après : « Vous voyez que les yeux brillaient. Je pense qu'ils n'ont jamais vu une réunion aussi efficace que celle-là. Pourtant il n'y avait aucun écran, aucun PowerPoint. »
Pourquoi ça marche : le facilitateur ne propose pas un sujet, il propose une géométrie. On ne travaille pas sur les individus, on travaille sur le système autour d'eux.
Quand ne pas utiliser enlever avant d'ajouter
- La réunion sert à informer. Une réunion de reporting sans décision à prendre n'a pas besoin d'un cercle, elle a besoin d'un mail.
- Vous n'avez pas de question. Sans ordre du jour, il faut une question à laquelle le groupe doit réussir à répondre. Sans elle, le cercle bavarde.
- Vous ne retirez qu'un des quatre. Sans écran mais avec la table et un dirigeant qui parle en premier, rien n'a changé. Les quatre tiennent ensemble.
- Le dirigeant n'est pas prêt. S'il ne supporte pas de parler en dernier, il reprendra la parole à la troisième minute, et le groupe aura compris.
Les questions qu'on nous pose sur enlever avant d'ajouter
Par quoi commencer pour changer une réunion de CODIR ?
Par les quatre retraits, tous ensemble, dès la prochaine. Pas par une charte ni par un nouvel outil de pilotage. Lundi, le manager remplace l'ordre du jour par une question, éteint l'écran, pousse la table contre le mur, met les chaises en cercle, et annonce qu'il parlera en dernier. Ça ne demande la permission de personne, c'est ce qui en fait le bon premier geste. Ce qu'un client formulait comme « que le CODIR soit vraiment le lieu où on prend des décisions, une grosse heure, une heure et demie grand max » commence là.
Simplifier une organisation, ça commence par ses réunions ?
Oui, parce que c'est le seul endroit où toute l'organisation est visible en une heure. La réunion de direction est la maquette du système : qui parle, qui décide, qui se cache derrière un document. Changer sa géométrie change la maquette. Simplifier l'organigramme sans toucher au CODIR produit un nouvel organigramme discuté autour de la même table, avec les mêmes slides.
Trop de projets en même temps : est-ce qu'on enlève aussi des projets ?
Souvent, mais ce n'est pas le premier retrait. Une équipe qui court après quinze projets commence par une question, en cercle, sans écran : lesquels tiendrait-on si on ne pouvait en garder que trois ? Pour trancher, la décision par consentement : on garde ce qui ne soulève pas d'objection majeure, et on écrit ce qu'on arrête.
Qu'est-ce qu'on décide d'arrêter de faire, et qui le décide ?
Le groupe propose, le dirigeant tranche, et il le dit avant la discussion : faciliter n'est pas arbitrer. Ce qu'on arrête d'abord, ce sont les rituels que personne ne défend quand on leur enlève leur support. Un client l'avait résumé en une action : « faire évoluer la culture de la réunion, compte-rendu, ordre du jour, pas plus de dix minutes ».
Avant enlever avant d'ajouter : ce qu'on prépare
Presque rien, et c'est le but. Une question, écrite en grand. Une salle où on peut pousser la table. Une règle de décision dite avant, et la décision du dirigeant de parler en dernier. Si vous cherchez par où commencer pour sortir de la réunionite, ce quart d'heure de préparation remplace tout le reste.
Après enlever avant d'ajouter : le lundi d'après
Le compte-rendu tient en cinq lignes : la question, la décision, qui porte, pour quand. Il part dans les 48 heures. À une semaine, la réunion suivante se tient dans la même géométrie. À trois semaines, on regarde ce qui a été fait. Pour un CODIR qui ne décide pas, c'est souvent la première fois que la colonne « fait » n'est pas vide.
Les pièges d'enlever avant d'ajouter, vus en vrai
Le retour de l'écran. À la troisième réunion, quelqu'un projette « juste un tableau ». Le mois d'après, il y a un ordre du jour. Le manager qui a retiré doit tenir.
La question molle. « Comment mieux travailler ensemble ? » n'est pas une question, c'est une invitation à bavarder. Sans liste, une mauvaise question se voit tout de suite, et on la réécrit.
Le dirigeant qui conclut. Il a parlé en dernier, et il en profite pour trancher seul ce que le groupe venait de décider. Dire qui décide avant la discussion évite ce retournement.
Une variante d'enlever avant d'ajouter
Le retrait progressif, pour une équipe qui ne supporterait pas les quatre d'un coup : l'ordre de parole et la question d'abord, la table la fois suivante, l'écran ensuite. Ça marche moins bien, mais mieux que rien. La condition : annoncer dès le départ que les quatre y passeront, et dans quel ordre.
Pour aller plus loin que enlever avant d'ajouter
Méthodes liées
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Méthode · Débutant
Lean Coffee
Le Lean Coffee est une réunion dont l'ordre du jour est construit par les participants en cinq minutes, puis traité un sujet à la fois, en 30 à 60 minutes.
Méthode · Intermédiaire
Décision par consentement
La décision par consentement adopte une proposition dès que personne n'a d'objection argumentée, en 20 à 90 minutes. Le format d'un CODIR qui doit trancher.
Méthode · Débutant
Temps d'inclusion
Le temps d'inclusion ouvre un atelier ou une réunion : chacun dit où il en est face au sujet du jour, sans commentaire. 15 à 30 min, à la place de l'icebreaker.
Situations où ça sert
- Sortir de la réunionite : à quel moment on fait une réunion, et comment
- Un CODIR qui ne décide pas : comment en sortir
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Comment on se sert d'enlever avant d'ajouter en séance
La première fois, on prévient cinq minutes avant, en poussant la table : on essaie autre chose, il n'y a qu'une question aujourd'hui, et le dirigeant parlera en dernier. Puis on se tait.
On ouvre par un temps d'inclusion : chacun dit, en une phrase, où il en est face à la question. Sans commentaire. Ensuite, la question travaille toute seule : sans table, on se regarde ; sans écran, on parle du réel ; sans liste, on va au fond d'un sujet au lieu d'en survoler douze. Quand une équipe a vraiment plusieurs sujets, le groupe construit l'ordre du jour sur place, comme dans un lean coffee : ce n'est plus la liste du chef.
Le rôle du facilitateur, s'il y en a un, est presque nul. Il tient le temps, rappelle la question quand ça dérive, et note au mur ce qui a été décidé et qui le porte. Ce qui a changé, c'est la géométrie, pas l'animation.