Méthode · Edward de Bono, 1985

Six chapeaux de Bono

Les six chapeaux de Bono font réfléchir un groupe de 5 à 20 sous un seul angle : faits, émotions, risques, bénéfices, options, pour dépolariser un débat.

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Les six chapeaux de Bono sont une méthode d'animation qui fait réfléchir un groupe de 5 à 20 personnes sous un seul angle à la fois : les faits, puis les émotions, puis les risques, puis les bénéfices, puis les options, dans une séquence que le facilitateur choisit et tient. Elle sert à dépolariser un débat qui tourne en rond, en 45 minutes à deux heures, sans que personne n'ait à jouer le pessimiste ou l'enthousiaste de service. C'est le format qu'on propose à un dirigeant qui dit « dès que je leur fais une proposition, j'ai droit à un non tout de suite ».

Disposition de la salle pour les six chapeaux de BonoUne table longue de huit places au milieu de la salle, face à un mur qui porte le tableau des six chapeaux et la question ; le facilitateur, qui tient le chapeau bleu, est assis en bout de table ; un mur par chapeau porté sur le côté.le tableau des six chapeaux et la question écrite en grandtous le même chapeaufacilitateur, chapeau bleuun mur par chapeau portérouge, blanc, noir,jaune, vertle chronomètre visible de tousune chaisel'élément clétable unique de 8 à 10, tout le monde face au tableaule bleu tient la séquence et ne participe pas au fond
La salle vue de dessus. PDF A4 · PNG

À quoi sert vraiment les six chapeaux de Bono

Regardez un comité de direction discuter d'un investissement. Le directeur financier parle coûts et risques. Le directeur commercial parle marché et opportunités. Un troisième dit qu'il « ne le sent pas », sans pouvoir dire pourquoi. Chacun parle depuis son registre, en même temps que les autres, et personne ne change de registre. Au bout de trois réunions, les rôles ont durci : celui qui voit les risques est devenu « le pessimiste », et à partir de là, plus personne ne l'écoute, même quand il a raison.

Les chapeaux cassent ça d'une façon très simple : tout le monde regarde le même angle au même moment. Sous le chapeau noir, c'est tout le groupe qui cherche les risques, le directeur commercial compris. Sous le chapeau jaune, c'est tout le groupe qui cherche les bénéfices, le directeur financier compris. Le risque n'appartient plus à une personne, il appartient à un moment de la réunion. Le pessimiste peut enfin dire ce qu'il voit sans être le pessimiste, et il découvre, dix minutes plus tard, qu'il est capable de trouver trois bonnes raisons d'y aller.

C'est le premier usage, et le plus fréquent chez nous : dépolariser. Le deuxième, c'est de donner une place aux émotions dans une réunion qui se croit rationnelle. Personne ne dit « ça me fait peur » en CODIR. Le chapeau rouge règle ça en trente secondes par personne : ce que je ressens, sans justifier, sans que personne ne réponde. Une fois dite, l'émotion arrête de polluer l'analyse.

Le troisième usage, c'est celui que demandait un membre de CODIR : « un outil qu'on utiliserait dans le cadre de nos CODIR hebdos et mensuels ». Les chapeaux tiennent dans une heure, et un manager peut les mener seul après deux ou trois séances avec un facilitateur. C'est un des rares formats qui répond à la fois au besoin de se dire les choses en équipe sans règlement de comptes et à celui d'un CODIR qui ne décide rien, parce qu'il fait sortir les désaccords sous une forme qu'on peut ensuite trancher.

Ce qu'il ne fait pas : décider. Vous sortez avec une carte complète du sujet, pas avec une décision. Il faut l'enchaîner avec un vrai temps de décision, par exemple la décision par consentement, sinon vous aurez eu une belle conversation et rien d'autre.

Quand ne pas utiliser les six chapeaux de Bono

  • Le vrai sujet est un conflit entre deux personnes. Les chapeaux structurent une réflexion, ils ne traitent pas une relation. Pire : ils donnent l'impression qu'on a traité le sujet, alors que le nœud est intact. Si deux directeurs ne se parlent plus, réglez ça d'abord, en tête-à-tête ou avec quelqu'un dont c'est le métier.
  • La décision est déjà prise. Faire porter cinq chapeaux à un groupe sur une question que le dirigeant a tranchée la veille, c'est le meilleur moyen de griller le format pour les dix prochaines années.
  • Le sujet est analysé depuis des mois et il ne manque qu'une décision. Un tour de chapeaux de plus, c'est un tour d'analyse de plus. Ce dont ce groupe a besoin, c'est d'une proposition écrite et d'un tour d'objections. Allez directement au consentement.
  • Vous avez moins de 45 minutes. Trois chapeaux à dix minutes plus un cadrage et une clôture, c'est déjà 45 minutes.
  • Vous êtes plus de 20 sans sous-groupes. À 25 en plénière, un chapeau de dix minutes donne vingt secondes à chacun. Coupez en tables de 5 à 7 avec un hôte par table, ou choisissez un autre format.

Les questions qu'on nous pose sur les six chapeaux de Bono

Comment animer les six chapeaux de Bono ?

Avec une question écrite au mur, une séquence de trois à six chapeaux choisie avant la séance, un temps fixé pour chacun, et un facilitateur qui garde le bleu pour lui. La règle d'or, celle que je répète au cadrage : un seul chapeau à la fois, porté par tout le monde. Quelqu'un qui liste des risques pendant le chapeau jaune se fait arrêter, poliment et tout de suite : « les risques, c'est dans dix minutes, notez-le ». Le facilitateur annonce chaque chapeau, l'affiche, tient le temps, note ce qui sort, et ne donne jamais son avis sur le fond.

La méthode des six chapeaux, c'est quoi exactement ?

Six registres de pensée, un par couleur, que le groupe porte l'un après l'autre. Blanc : les faits, ce qu'on sait et ce qu'on ne sait pas, sans interprétation. Rouge : ce que je ressens, en trente secondes, sans justifier. Noir : les risques et ce qui peut rater, avec des arguments. Jaune : les bénéfices et ce qui peut marcher, avec des arguments aussi. Vert : les options, les idées neuves, ce qu'on n'a pas encore envisagé, sans jugement. Bleu : le process, qui décide de l'ordre, du temps et de la synthèse. Edward de Bono l'a publiée en 1985, sous le nom de pensée parallèle : au lieu que chacun creuse son sillon dans son coin, tout le monde creuse le même au même moment. La distinction qui sauve une séance : le rouge, c'est « j'ai peur que ça plante » ; le noir, c'est « voici pourquoi ça peut planter ».

Faut-il porter les six chapeaux, et dans quel ordre ?

Non, et il n'y a pas d'ordre rituel. C'est le point que la plupart des gens ratent : ils font les six dans l'ordre du livre, à chaque fois, et la séance dure deux heures pour un sujet qui en méritait une. On choisit la séquence selon l'intention. Pour évaluer une proposition : blanc, jaune, noir, vert, rouge. Pour débloquer un débat qui tourne en rond depuis trois réunions : rouge d'abord, pour vider ce qui bloque, puis blanc, puis vert. Le bleu ouvre et ferme toujours, mais il n'est pas un chapeau comme les autres : c'est celui du facilitateur, qui le garde du début à la fin.

Six chapeaux de Bono : un exemple de séquence en comité de direction ?

Un CODIR de huit personnes qui hésite depuis deux mois sur une réorganisation, avec un directeur qui bloque et les autres qui n'osent plus en parler. La séquence que je proposerais : bleu pour poser la question en une phrase, rouge en premier pour que chacun dise en trente secondes ce que ce sujet lui fait, y compris le directeur qui bloque. Puis blanc : ce qu'on sait vraiment. Puis noir, cadré à dix minutes, où tout le monde cherche les risques, ce qui donne enfin au directeur qui bloque le droit de tout dire, et aux autres l'obligation de chercher avec lui. Puis jaune, où c'est lui qui doit trouver les bénéfices. Puis vert, dix minutes d'options qu'on n'avait pas envisagées. Puis bleu : le facilitateur relit les cinq murs et pose la question suivante, qui décide, et quand.

Les six chapeaux de Bono en réunion hebdomadaire, ça tient en une heure ?

Oui, avec trois chapeaux, pas six. Un CODIR hebdo qui a un point à instruire prend dix minutes de blanc, dix de noir, dix de jaune, et cinq de bleu pour dire ce qu'on en fait. Un dirigeant nous décrivait « un CODIR hebdo d'où il ne sort jamais rien » : trois chapeaux sur un seul point, avec une décision explicite à la fin, changent ça en deux semaines. La condition, c'est qu'un membre tienne le bleu et ne participe pas au fond ce jour-là. Faites tourner ce rôle.

Ça marche en distanciel ?

Oui, et plutôt bien, à condition d'écrire avant de parler. En visio, le tour de parole libre sous un chapeau donne les trois habituels qui parlent. On fait donc : trois minutes d'écriture silencieuse sur un tableau partagé, une colonne par chapeau, puis lecture à voix haute. L'hybride, la moitié dans la salle et l'autre en visio, reste le pire des deux mondes.

Le déroulé des six chapeaux de Bono, minute par minute

Ce déroulé est calé sur un comité de direction de 8 personnes, une question, un facilitateur qui tient le bleu, 90 minutes, séquence rouge, blanc, noir, jaune, vert. Adaptez les durées et l'ordre selon l'intention, pas la règle du chapeau unique.

TempsCe qui se passeCe que fait le facilitateur
0 à 10 minBleu : la question du jour, les six registres en deux phrases chacun, la séquence et les durées, la règle d'orÉcrit la question au mur, affiche les cartes, dit qu'il ne donnera pas son avis sur le fond
10 à 15 minRouge : chacun dit en trente secondes ce que le sujet lui fait, sans justifier, personne ne répondTient le tour, coupe toute justification et toute réponse, ne commente pas
15 à 30 minBlanc : ce qu'on sait, ce qu'on ne sait pas, d'où vient chaque chiffreNote au mur, renvoie les opinions déguisées en faits, liste ce qui manque
30 à 40 minNoir : tout le monde cherche ce qui peut rater, avec un argument à chaque foisTient le temps à la minute, arrête à dix, même si ça déborde
40 à 50 minJaune : tout le monde cherche ce qui peut marcher, avec un argument à chaque foisFait chercher ceux qui se taisent, renvoie les critiques au mur noir
50 à 65 minVert : options, alternatives, ce qu'on n'a pas encore envisagé, sans jugementRefuse tout « oui mais », relance avec « et si », note tout
65 à 80 minBleu : relecture des cinq murs, ce qui converge, ce qui reste ouvertRelit à voix haute sans hiérarchiser, nomme les tensions non résolues
80 à 90 minClôture : qui décide, quand, sous quelle forme, et ce qui part à qui dans les 48 heuresFait dire au dirigeant qui tranche et à quelle date, arrête à l'heure
La frise du déroulé des six chapeaux de BonoBleu (10 min), Rouge (5 min), Blanc (15 min), Noir (10 min), Jaune (10 min), Vert (15 min), Bleu (15 min), Clôture (10 min)Bleu010 min105 minBlanc1515 minNoir3010 minJaune4010 minVert5015 minBleu6515 minClôture8010 min90 minPhases proportionnelles à leur durée. En jaune : la phase qui fait la différence.
Le déroulé sur une ligne de temps. PDF A4 · PNG

Ce que vous dites, mot pour mot, pendant les six chapeaux de Bono

Ce sont les consignes telles qu'on les donne en salle, dans l'ordre de la séquence rouge, blanc, noir, jaune, vert. La règle d'or vient du poster des six casquettes : on arrête le tour de table où l'un défend pendant que l'autre démolit. Le reste suit le déroulé.

Au cadre, chapeau bleu. « Une seule question, elle est écrite au mur. Six chapeaux, un seul à la fois, et tout le monde porte le même en même temps : on ne change pas d'avis, on change de chapeau. Je tiens le bleu, je ne donnerai pas mon avis sur le fond. »

Au chapeau rouge. « Trente secondes chacun : ce que ce sujet vous fait, là, maintenant. Pas de “parce que”, et personne ne répond. C'est le seul chapeau où “je ne le sens pas” suffit. »

Au chapeau blanc. « Qu'est-ce qu'on sait vraiment ? Des faits, des chiffres, et d'où vient chacun. Si c'est un avis, il attendra son chapeau ; ce qui manque, on le note aussi. »

Au chapeau noir. « Dix minutes, tout le monde cherche où ça casse, un argument à chaque fois. On vise le projet, pas les personnes. À dix minutes j'arrête, même s'il reste des mains levées. »

Au chapeau jaune. « Même règle, dans l'autre sens : pourquoi ça vaut le coup, qu'est-ce que ça débloque, un argument à chaque fois. Les risques sont déjà au mur noir, ils y restent. »

Au chapeau vert. « Et si on n'avait aucune contrainte ? Des options, des alternatives, ce qu'on n'a pas encore envisagé. On dit “oui, et” ; le “oui, mais”, c'était le noir, et il est fini. »

À la relecture, chapeau bleu. « Je relis les cinq murs à voix haute, sans rien classer. Vous m'arrêtez sur ce qui converge et sur ce qui reste ouvert. »

À la clôture. « On ne décide pas maintenant. Qui tranche, à quelle date, sous quelle forme ? Et ce qui part à qui dans les 48 heures. »

Avant les six chapeaux de Bono : ce qu'on prépare

La question d'abord. Une seule, écrite, qui appelle une décision : « faut-il externaliser la logistique avant l'été ? » plutôt que « quelle est notre stratégie logistique ? ». Si la question est un thème, les chapeaux produiront des généralités sous chaque couleur, et la relecture finale ne servira à rien.

La séquence ensuite, choisie avec le commanditaire au cadrage. Deux à trois fois une heure, comme pour tout temps collectif, et c'est là qu'on découvre l'intention réelle. « Je veux qu'ils adhèrent » n'appelle pas la même séquence que « je veux savoir ce qu'ils pensent vraiment ».

L'invitation. Elle dit la question, la méthode en trois lignes, et ce qu'on fera du résultat. Pas de surprise sur la question : les gens arrivent avec des faits en tête, et le chapeau blanc s'en porte mieux.

La salle et le matériel. Six cartes de couleur assez grandes pour être vues de tous, un mur ou un tableau par chapeau porté (cinq feuilles A1 suffisent), des post-it si vous faites écrire avant de parler, un chronomètre visible.

Le facilitateur, enfin. Celui qui tient le bleu ne participe pas au fond. Si c'est le dirigeant, il ne pourra pas s'en empêcher, et ses chapeaux noirs pèseront plus lourd que ceux des autres. Confiez le bleu à quelqu'un d'autre, un membre de l'équipe briefé un quart d'heure avant, ou un facilitateur externe la première fois.

Après les six chapeaux de Bono : le lundi d'après

Les chapeaux produisent cinq murs et zéro décision. Le lundi d'après, la matière est encore chaude, et c'est le seul moment où elle vaut quelque chose.

Dans les 48 heures, la photo des cinq murs part à tous les participants, avec la relecture du chapeau bleu telle qu'elle a été dite, sans réécriture. Le rouge inclus.

Dans la semaine, la décision. Le dirigeant, ou l'instance qu'on a désignée en clôture, tranche à partir de la carte, et le dit par écrit. Si la décision mérite une objection collective, passez par un tour de consentement sur une proposition rédigée à partir du mur vert. Une demi-décision égale un bordel au carré, et les chapeaux, justement, ne laissent plus d'excuse pour ne pas décider : tout a été dit.

À trois semaines, un point sur ce qui a démarré, dix minutes en début de CODIR. Et un débrief à froid avec le commanditaire, à 15 ou 30 jours : est-ce que le directeur qui bloquait a changé de posture, est-ce que le groupe a refait des chapeaux tout seul. Ce deuxième point est le vrai indicateur. Pour la suite, une rétrospective à un ou deux mois permet de regarder ce que la décision a produit, et de corriger.

Les pièges des six chapeaux de Bono, vus en vrai

Le noir qui déborde. C'est le chapeau préféré de tout le monde, et si vous laissez filer, il mange la séance : vingt minutes de risques, et plus personne n'a l'énergie pour le jaune. Dix minutes, chronomètre visible, et on coupe, même si trois personnes ont encore la main levée.

Le rouge qu'on justifie. Quelqu'un dit « je ne le sens pas, parce que l'année dernière… », et le voilà en train d'argumenter, et le voisin en train de répondre. Le rouge, c'est trente secondes, une phrase, pas de « parce que », et surtout pas de réponse. Le facilitateur coupe au premier « parce que », en souriant, et rappelle que les arguments ont leur chapeau.

Le chef qui garde le bleu. Le dirigeant veut animer, parce que c'est son sujet. Il tient le bleu, et à chaque chapeau il ajoute « moi, ce que je vois, c'est… ». Le groupe comprend en cinq minutes que le bleu a un avis, et s'aligne dessus. Le bleu se confie à quelqu'un qui n'a rien à gagner dans la décision.

Les six dans l'ordre du livre, à chaque fois. Le format devient un rituel de deux heures qu'on applique à tout, y compris au choix de la date du prochain séminaire. Trois chapeaux bien choisis en 40 minutes valent mieux que six subis. La séquence se choisit avant, selon ce qu'on veut obtenir, et elle change d'une fois sur l'autre.

Le chapeau comme étiquette. « Toi, tu es le noir, toi le jaune », un chapeau par personne, comme des rôles de théâtre. C'est exactement l'inverse de la méthode, et ça aggrave ce qu'on voulait soigner : le directeur financier se retrouve officiellement « le pessimiste », avec un chapeau sur la tête pour le prouver. Tout le monde porte le même chapeau au même moment.

La carte sans décision. La séance a été riche, tout le monde repart content, et six semaines plus tard, rien. Une cliente nous disait vouloir « le juste milieu entre être trop ambitieux et le lundi d'après on le tient pas ». Ce format n'est pas fait pour décider ; il est fait pour qu'on puisse décider juste après. Si la clôture ne dit pas qui tranche et à quelle date, vous avez fait une conversation, pas un atelier.

Adapter les six chapeaux de Bono : distanciel, petit groupe, grand groupe

En distanciel

Ça tient en visio, à condition de garder la règle : un seul chapeau, tout le monde en même temps. La carte de couleur du moment s'affiche à l'écran en partage, et un tableau blanc partagé porte un cadre par chapeau. Le rouge se fait par écrit, tous en même temps dans le chat, une ligne chacun : personne ne s'aligne sur le premier qui parle.

Ce qui casse, c'est le chronomètre : en visio, personne ne voit votre montre. Annoncez chaque changement de chapeau à voix haute et affichez le temps restant. Restez sous 12 personnes, ou passez en sous-salles avec un bleu par salle. L'hybride, quelques-uns en salle et les autres à distance : jamais, c'est le pire des deux mondes.

Avec un petit groupe

Sous cinq, la séquence complète tourne à vide : trois personnes qui changent six fois de chapeau en 45 minutes, ça fait beaucoup de cérémonie pour peu de matière. À trois ou quatre, ou dans un CODIR hebdo qui n'a pas 90 minutes, gardez un seul chapeau, choisi selon ce que vous cherchez.

Celui qui sert le plus, c'est le noir seul. Sur une proposition qu'un membre apporte, dix minutes de chapeau noir où tout le monde, l'auteur de la proposition compris, cherche ce qui peut rater. Pas de jaune, pas de vert, juste ça. L'auteur découvre les objections avant qu'elles ne sortent en réunion sous forme de « non » sec, et ceux qui auraient dit non doivent formuler un vrai risque, avec un argument, plutôt qu'un ressenti. On enchaîne avec un tour de consentement sur la proposition amendée. C'est ce que je conseille à un dirigeant qui entend « j'ai droit à un non tout de suite » : le non a sa place, dix minutes, cadré, et après on avance. Ne confondez pas avec le débat mouvant, qui fait bouger les gens sur une affirmation clivante : ici, personne ne prend parti, tout le monde cherche dans le même sens.

Avec un grand groupe

Au-delà de 20, la règle tient mais le tour de parole casse : le rouge à 30 personnes prend un quart d'heure, et le noir devient une file d'attente. Passez en sous-groupes de 5 à 7, chacun avec son bleu briefé un quart d'heure avant, et deux facilitateurs dès 12. Toute la salle porte le même chapeau au même moment : c'est le facilitateur principal qui annonce les changements, pour tous. Chaque sous-groupe tient ses cinq murs, et la relecture bleue se fait en plénière, un sous-groupe après l'autre, sans hiérarchiser.

Au-delà de 50, ce n'est plus l'outil. Si vous voulez que tout le monde parle sur une question, c'est un World Café ou un 1-2-4-Tous, et vous gardez les chapeaux pour le groupe restreint qui décidera après.

Pour aller plus loin que les six chapeaux de Bono

Méthodes liées

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Méthode · Débutant

Débat mouvant

Le débat mouvant fait lever un groupe sur une affirmation clivante : d'accord d'un côté, pas d'accord de l'autre, on argumente, on bouge. Rien n'est décidé.

Durée
20 min à 1 h
Participants
8 à 60

Méthode · Intermédiaire

Décision par consentement

La décision par consentement adopte une proposition dès que personne n'a d'objection argumentée, en 20 à 90 minutes. Le format d'un CODIR qui doit trancher.

Durée
20 min à 1 h 30
Participants
3 à 15

Méthode · Débutant

Rétrospective

La rétrospective fait regarder à une équipe ce qui s'est passé, comprendre pourquoi, et décider trois actions au plus, en cinq temps et 60 à 120 minutes.

Durée
1 h à 2 h
Participants
4 à 12

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