Méthode · Intermédiaire

Réseau social en papier

Le réseau social en papier fait dessiner à un groupe de 10 à 30 personnes les liens qui le relient, sur un grand papier, en 45 à 60 minutes, avec ses risques.

  • Durée45 min à 1 h
  • Participants10 à 30
  • NiveauIntermédiaire
  • Formatprésentiel

· 12 min de lecture

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La salle vue de dessus. Disposition de la salle pour le réseau social en papierUne grande feuille posée sur des tables mises bout à bout au centre de la salle, une vingtaine de personnes debout tout autour qui collent leur post-it et tracent leurs liens, le facilitateur qui fait le tour de la feuille.la grande feuillefacilitateur, il tourne autourdebout, tout autour de la feuilleune chaisel'élément cléun post-it par personne, collé n'importe où sur la feuillechacun ne trace que ses propres liens
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Le réseau social en papier est un atelier de 45 à 60 minutes où un groupe de 10 à 30 personnes dessine, sur une grande feuille, les liens qui le relient : chacun colle son prénom sur un post-it, puis trace des lignes vers les personnes avec qui il travaille. Il sert à rendre visible ce que personne ne voit en entier : qui est au centre, qui fait le pont entre deux groupes, quelle partie du collectif est peu reliée. C'est un outil pour une équipe qui se construit ou se recompose, et il demande plus de précautions qu'il n'en a l'air, parce qu'il montre aussi ceux qui ont peu de liens.

À quoi sert vraiment le réseau social en papier

À voir le collectif d'en haut. Dans une équipe, chacun connaît ses propres liens, personne ne connaît la carte. Posés sur une feuille, les post-its et les lignes font apparaître en quelques minutes ce que l'organigramme ne dit pas : les personnes par qui beaucoup de choses passent, les ponts qui relient deux groupes qui, sans eux, ne se parleraient pas, et les zones presque vides.

À parler de la qualité des liens, pas de leur nombre. Une personne reliée à tout le monde n'est pas forcément celle qui fait avancer les choses. Un pont est aussi un point fragile : s'il part, deux groupes ne se parlent plus. Cette lecture, le groupe la fait ensemble, à voix haute, et elle débouche sur des questions concrètes : quel lien doubler, qui présenter à qui, quel échange n'existe que parce qu'une seule personne le porte.

À donner une image commune à un collectif qui se recompose. Deux équipes réunies après une réorganisation, un projet transverse qui démarre, des sites qui travaillent ensemble sans se voir. La carte montre où sont les ponts entre les anciens périmètres, et où il n'y en a aucun. C'est un bon point de départ pour créer un collectif là où il n'existe pas encore, parce qu'on part de ce qui est, pas de ce qu'on voudrait.

Ce que l'atelier n'est pas. Ce n'est pas un brise-glace : il se fait avec un groupe qui a déjà un peu d'histoire commune, sinon la feuille reste blanche. Pour des gens qui ne se connaissent pas, commencez par le bingo de l'inclusion, qui crée des liens au lieu de les montrer. Ce n'est pas non plus une inclusion : il ne dit pas où chacun en est face au sujet du jour. Et ce n'est pas une analyse de réseau au sens des chercheurs : c'est une carte déclarative, dessinée en une heure, qui dit ce que les gens perçoivent de leurs liens. C'est sa limite, et c'est aussi ce qui la rend discutable ensemble.

Quand ne pas utiliser le réseau social en papier

  • Une personne du groupe est isolée, et tout le monde le sait. La carte va la montrer au bord, avec deux lignes, devant tous ses collègues. Aucun débrief ne rattrape ça. Travaillez autrement, ou choisissez un type de lien qui ne mesure pas la popularité.
  • La carte peut finir dans une décision RH ou une réorganisation. Si les participants soupçonnent que la feuille servira à décider qui garder ou qui déplacer, ils traceront les lignes qu'il faut, pas les vraies. Et ils auront raison.
  • Le groupe dépasse 30 personnes sur une seule feuille. Au-delà, les lignes se croisent au point que plus personne ne lit rien. Il faut une feuille par équipe.
  • L'équipe est en conflit ouvert. Les lignes absentes deviennent des accusations. Ce travail commence par se dire les choses, pas par une carte.
  • Le groupe ne se connaît pas encore. Il n'y a pas de liens à tracer. Faites d'abord se rencontrer les gens.

Les questions qu'on nous pose sur le réseau social en papier

Comment animer un réseau social en papier ?

En cinq temps : on explique le principe, chacun colle son prénom, chacun trace ses propres liens, le groupe lit la carte, puis on débriefe. Une grande feuille au centre de la pièce, assez d'espace pour tourner autour, et un post-it par personne pour son prénom, collé n'importe où, pas en rangs par service. Ensuite chacun trace un trait entre son post-it et ceux des personnes avec qui il a un lien, une couleur par type de lien. Puis tout le monde recule d'un pas, et on cherche ensemble les personnes très reliées, les ponts, les zones vides. Le débrief finit sur une question pratique : qu'est-ce qu'on en fait ?

Quels liens tracer : professionnels, amicaux, autre chose ?

Des liens de travail, choisis et définis avant de commencer. L'exercice propose souvent une couleur par type de relation, professionnelle, amicale, et d'autres. Avec une équipe de travail, écartez la couleur amicale : elle transforme la carte en tableau de popularité, et c'est elle qui fait mal. Choisissez deux ou trois types précis, par exemple « je lui demande de l'aide », « on travaille sur un même dossier », « je lui transmets quelque chose chaque semaine ». Plus le lien est concret, moins la carte juge les personnes.

Cartographie des relations ou sociogramme : c'est la même chose ?

Presque. Le sociogramme est l'ancêtre : un schéma des relations dans un groupe, issu de la sociométrie de Jacob Levy Moreno, construit à partir de questionnaires et analysé par quelqu'un d'extérieur. La cartographie des relations en atelier en garde l'idée et en change la fabrication : pas de questionnaire, pas d'analyse cachée, le groupe dessine sa carte lui-même et la lit à voix haute, dans la même heure. C'est moins rigoureux, et beaucoup plus parlant pour ceux qui sont sur la carte. Pour creuser le fond, le livre Connected, de Nicholas Christakis et James Fowler, et un logiciel d'analyse de réseau comme Gephi si vous voulez passer à une vraie mesure.

Que faire si quelqu'un n'a presque aucune ligne ?

Le voir avant que le groupe ne le voie. Pendant le traçage, regardez la carte : si un post-it reste sans ligne, allez voir la personne, discrètement, et vérifiez qu'elle a tracé les siennes. Elle n'a peut-être pas encore osé. À la lecture, parlez de zones, jamais de personnes : « ce coin de la carte est peu relié », pas « untel n'a pas de lien ». Et orientez le débrief vers ce que le groupe peut faire : qui présenter à qui, quel lien créer. Si vous savez en préparant que ce cas va se produire, relisez la liste plus haut, et ne faites pas l'exercice.

Carte des liens d'une équipe : que faire de la feuille après ?

Le décider avant de commencer, et le dire au groupe. La carte porte des prénoms et des relations : c'est une donnée sur des personnes. Deux options honnêtes. Soit on la photographie, et la photo part aux seuls participants. Soit on ne garde que les constats et les actions écrits au débrief, et la feuille est détruite en séance, devant tout le monde. Jamais au commanditaire qui n'était pas dans la salle, jamais dans un dossier. Un manager qui veut la photo « pour comprendre son équipe » n'avait qu'à tracer ses lignes avec les autres.

À quoi sert la ficelle ?

À faire la même carte debout, avec le corps. Le groupe se tient en cercle. Une personne tient la pelote, dit à qui elle est liée et pour quoi, garde le bout du fil et lance la pelote à cette personne, qui fait de même. Au bout de quelques minutes, une toile relie le cercle, et on voit qui tient beaucoup de fils. C'est plus court, plus physique, et ça ne laisse aucune trace écrite, ce qui règle la question de la feuille. En revanche, la toile se lit moins bien qu'un dessin, et chacun n'y dit qu'un ou deux liens.

Le déroulé du réseau social en papier, minute par minute

Ce déroulé est calé sur 20 personnes d'une équipe recomposée, un facilitateur, 60 minutes, une grande feuille posée au sol ou sur des tables mises bout à bout. Adaptez les durées, pas l'ordre.

TempsCe qui se passeCe que fait le facilitateur
0 à 5 minIntroduction : ce qu'est un réseau, chacun y sera un nœud, les types de liens qu'on traceExplique le principe, montre les couleurs, annonce ce que deviendra la feuille
5 à 15 minLes nœuds : chacun écrit son prénom sur un post-it et le colle sur la feuille, n'importe oùDemande de disperser les post-its, empêche les rangs par service
15 à 35 minLes liens : chacun trace ses propres lignes, une couleur par type de lienTient la règle « chacun ses liens », repère les post-its sans ligne
35 à 50 minLa lecture : le groupe fait le tour de la carte et cherche les personnes très reliées, les ponts, les zones videsPose les questions de lecture, parle de zones et jamais de personnes
50 à 57 minDébrief : ce que la carte révèle, ce qui surprend, ce qu'on peut changerFait émerger une ou deux actions concrètes, et qui les porte
57 à 60 minClôture : le sort de la feuille, tel qu'annoncéPhotographie ou détruit la feuille devant le groupe, remercie
La frise du déroulé du réseau social en papierIntroduction (5 min), Les nœuds (10 min), Les liens (20 min), La lecture (15 min), Débrief (7 min), Clôture (3 min)125315435550660 min1Introduction · 5 min2Les nœuds · 10 min3Les liens · 20 min4La lecture · 15 min5Débrief · 7 min6Clôture · 3 minPhases proportionnelles à leur durée. En jaune : la phase qui fait la différence.
Le déroulé sur une ligne de temps. PDF A4 · PNG

Ce que vous dites en salle, pendant le réseau social en papier

Une proposition de consignes, phase par phase. Dites-les avec vos mots : ce qui compte, c'est l'ordre, et ce qu'elles interdisent.

À l'introduction. « Chacun de vous sera un point sur cette feuille. Les lignes, ce sont vos liens de travail. En rouge, je lui demande de l'aide. En bleu, on travaille sur un même dossier. À la fin, la feuille sera détruite devant vous. »

Aux nœuds. « Votre prénom sur un post-it, et vous le collez n'importe où. Pas à côté de votre service. Pas en rang. »

Aux liens. « Vous tracez uniquement vos propres liens, de votre post-it vers celui de l'autre. Vous ne tracez pas ceux des autres. Vous ne commentez pas les lignes déjà là. »

À la lecture. « Reculez d'un pas. Où passent beaucoup de lignes ? Où sont les ponts entre deux groupes ? Où la carte est-elle presque vide ? On parle de zones, pas de personnes. »

Au débrief. « Qu'est-ce qui vous surprend ? Qu'est-ce qu'on peut changer ce mois-ci ? Qui s'en occupe ? »

À la clôture. « Comme annoncé, la feuille est détruite maintenant. Ce qu'on garde, ce sont les actions écrites au tableau. »

Quand ça dérape. Si quelqu'un commente les liens d'un autre : « Chacun ses lignes. On ne commente pas celles des autres. » Si quelqu'un pointe une personne à la lecture : « On parle de zones de la carte, pas de personnes. »

Avant le réseau social en papier : ce qu'on prépare

La raison. Pourquoi ce groupe a-t-il besoin de voir ses liens maintenant ? Une équipe qui se recompose, un projet transverse qui démarre, une fusion : la réponse doit tenir en une phrase, et elle se prépare en cadrage avec le commanditaire.

Le type de lien. Choisissez-le avant, avec le commanditaire, en deux ou trois catégories concrètes, et une couleur pour chacune. Pas de lien amical, pas de « qui appréciez-vous ». Plus la question est concrète, moins la carte blesse.

Le sort de la feuille. Décidé avant, annoncé au début, tenu à la fin. Si vous pensez refaire la carte dans quelques mois pour voir comment les liens ont bougé, c'est une raison de garder une photo, avec l'accord du groupe et pour lui seul.

Le groupe. Regardez-le avant de le cartographier. Une personne isolée, un conflit ouvert, une réorganisation en cours dont personne ne connaît l'issue : dans ces cas, ne faites pas l'exercice. Et le manager trace ses lignes comme les autres, puis parle en dernier au débrief.

La salle. Une grande feuille au centre, assez d'espace pour que tout le monde puisse tourner autour sans se marcher dessus, des marqueurs de chaque couleur en nombre, un post-it par personne.

Pour préparer, notre fiche d'atelier sur le réseau social en papier donne l'aperçu rapide et les variantes.

Après le réseau social en papier : le lundi d'après

Dans les 48 heures, les actions décidées au débrief partent aux participants, écrites comme elles ont été dites : deux personnes à présenter l'une à l'autre, un échange à doubler, une réunion qui manque entre deux équipes. Sans la carte si elle a été détruite.

Dans la semaine, les présentations promises ont eu lieu, ou pas. À trois semaines, cinq minutes en réunion d'équipe : ce qui a bougé, ce qui n'a pas bougé. Au débrief à froid avec le commanditaire, à 15 ou 30 jours, on parle des liens créés, pas de la carte.

Et si le groupe l'a accepté, on refait la carte quelques mois plus tard, avec les mêmes couleurs. La comparaison des deux feuilles montre comment le réseau a évolué, et c'est souvent la seule façon de voir qu'un collectif s'est vraiment formé.

Les pièges du réseau social en papier, vus en vrai

La carte de popularité. On a gardé la couleur « amical », ou une question du type « avec qui vous entendez-vous ? ». La carte devient un classement, et quelqu'un repart en sachant qu'il est en bas. Tracez des liens de travail concrets, jamais des affinités.

L'isolé exposé. Un post-it reste seul dans un coin, et le groupe le regarde pendant toute la lecture. Le facilitateur ne l'a pas vu venir, ou l'a vu et n'a rien fait. Repérez-le pendant le traçage, et parlez de zones à la lecture.

Les lignes tracées pour les autres. « Toi, tu travailles avec elle, je te la mets. » En deux minutes, la carte dit ce que les plus bavards pensent des liens des autres. Chacun trace les siens, et seulement les siens.

Les rangs par service. Les post-its sont collés par équipe, en colonnes bien propres. La carte reproduit l'organigramme, et les ponts ne se voient plus. Demandez une disposition au hasard.

La feuille qui remonte. Le compte rendu part avec la photo de la carte à un directeur qui n'était pas là. La prochaine fois, plus personne ne tracera ses vraies lignes. La feuille appartient à ceux qui l'ont dessinée.

Adapter le réseau social en papier : distanciel, petit groupe, grand groupe

En distanciel

Un tableau blanc en ligne remplace la feuille : chacun pose son étiquette, puis trace ses flèches. Ça marche techniquement, mais on perd ce qui fait l'intérêt, tourner ensemble autour de la carte et la lire du doigt. Si vous le faites, gardez la règle « chacun ses liens », une lecture à voix haute, et un groupe plus petit. L'hybride, jamais : c'est le pire des deux mondes (voir animer en hybride).

Avec un petit groupe

Sous 10 personnes, tout le monde est relié à tout le monde, et la carte n'apprend rien. Changez la question : chacun place aussi les personnes hors de l'équipe dont il dépend vraiment, un autre service, un fournisseur, un siège. La carte montre alors comment la petite équipe est reliée au reste de l'organisation, et par qui.

Avec un grand groupe

Au-delà de 30, une feuille par équipe, puis une seconde carte qui ne montre que les liens entre équipes. Au-delà de 50, ce n'est plus l'outil sur papier : la lecture devient impossible. Faites la toile de ficelle par groupe, ou utilisez la carte d'une équipe pour composer les tables d'un World Café qui mélange les zones peu reliées.

Pour aller plus loin que le réseau social en papier

Méthodes liées

Méthodes liées

Méthode · Débutant

Bingo de l'inclusion

Le bingo de l'inclusion fait circuler un groupe, grille en main, pour trouver qui a déjà fait quoi. 15 à 30 minutes pour se rencontrer, mais pas une inclusion.

Durée
15 min à 30 min
Participants
6 à 60
Niveau
Débutant
Format
présentiel, distanciel

Méthode · Débutant

Temps d'inclusion

Le temps d'inclusion ouvre un atelier ou une réunion : chacun dit où il en est face au sujet du jour, sans commentaire. 15 à 30 min, à la place de l'icebreaker.

Durée
10 min à 30 min
Participants
4 à 60
Niveau
Débutant
Format
présentiel, distanciel

Méthode · Débutant

Les rôles en réunion

Les rôles en réunion (animateur, hôte, gardien du temps, scribe) répartissent ce que le manager fait seul et mal. Qui fait quoi, et pourquoi les faire tourner.

Durée
30 min à 1 h 30
Participants
4 à 15
Niveau
Débutant
Format
présentiel, distanciel

Méthode · Débutant

World Café

Le World Café fait tourner un grand groupe entre des tables de 4 à 5, sur une seule question, en 90 minutes à 3 heures, pour faire parler tout le monde.

Durée
1 h 30 à 3 h
Participants
12 à 200
Niveau
Débutant
Format
présentiel

Situations où ça sert

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