Méthode · Débutant

Bingo de l'inclusion

Le bingo de l'inclusion fait circuler un groupe, grille en main, pour trouver qui a déjà fait quoi. 15 à 30 minutes pour se rencontrer, mais pas une inclusion.

  • Durée15 min à 30 min
  • Participants6 à 60
  • NiveauDébutant
  • Formatprésentiel, distanciel

· 12 min de lecture

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La salle vue de dessus. Disposition de la salle pour le bingo de l'inclusionLes tables sont repoussées dans les coins de la salle, les participants circulent debout par deux ou trois au milieu, une personne est restée au bord, et le facilitateur circule entre les groupes pour présenter les gens les uns aux autres.resté au bordfacilitateur, il circule et présentetout le monde debout, par deux ou trois, grille en mainles tables restent sur les côtésune chaisel'élément cléon change d'interlocuteur à chaque casele même prénom deux fois au plus sur une grille
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Le bingo de l'inclusion est un brise-glace de 15 à 30 minutes : chacun reçoit une grille d'affirmations (« parle plus d'une langue », « joue d'un instrument ») et doit trouver dans la salle, en allant parler aux autres, une personne qui correspond à chaque case. Il sert à faire se parler, en un quart d'heure, un groupe de 6 à 60 personnes qui se connaissent mal : une journée qui réunit plusieurs sites, un projet transverse, deux équipes qui fusionnent. Malgré son nom, ce n'est pas un temps d'inclusion : il fait se rencontrer les gens, il ne dit rien de ce qu'ils pensent du sujet du jour.

À quoi sert vraiment le bingo de l'inclusion

À donner un prétexte. Aborder à la pause un collègue d'un autre service, sans raison, presque personne ne le fait. Avec une grille à la main, c'est permis, c'est même demandé. Le jeu abaisse la barrière du premier contact : il faut aller voir quelqu'un, poser une question, écouter la réponse. En dix minutes, des gens qui ne s'étaient jamais parlé autrement que par mail se découvrent un point commun que rien ne laissait deviner.

À faire bouger ensuite. Tout le monde se lève. C'est le mouvement qui fait l'énergie, pas les cases. Un bingo joué assis, où chacun interroge ses deux voisins de table, a perdu l'essentiel de son intérêt.

À donner une place aux discrets, enfin. « Pas des gens mis à l'écart parce que l'animation n'était pas suffisamment dynamique. » C'est la condition posée en cadrage par un comité de direction qui préparait sa journée. Le bingo y répond mieux qu'un tour de table : personne ne parle devant tout le monde, tout le monde parle à quelqu'un. Et la règle du même prénom deux fois au plus oblige à aller plus loin que ses voisins.

Ce qu'il ne fait pas, maintenant. Le mot « inclusion » trompe. Chez nous, un temps d'inclusion est un tour où chacun dit où il en est face au sujet du jour. Le bingo ne pose aucune question sur le sujet. Il crée du lien de surface, utile mais limité. Il ne répare pas une confiance abîmée, ne débloque pas une décision, ne dit pas au facilitateur qui est venu à reculons. C'est un brise-glace, de la famille de ceux dont on explique pourquoi on ne les fait plus en ouverture, et il ne vaut que dans un cas : quand l'enjeu du jour est vraiment que des gens qui ne se connaissent pas se parlent.

Ce cas existe : l'arrivée d'un nouveau, deux équipes réunies après une réorganisation, où il ouvre un espace neutre entre « eux » et « nous », le lancement d'un projet transverse, une ouverture de formation. Il se place alors après l'inclusion, pas à sa place. Et si l'enjeu est plutôt de voir comment le groupe se coordonne, c'est un autre exercice : le bâton d'hélium.

Quand ne pas utiliser le bingo de l'inclusion

  • Vous cherchez à savoir où en est le groupe face au sujet. Le bingo n'en dira rien. Pour ça, un tour d'inclusion, et le bingo ensuite si le groupe ne se connaît vraiment pas.
  • L'équipe se connaît déjà et se voit toutes les semaines. Entre gens qui se côtoient, il sonne faux et fait perdre un quart d'heure. On le garde pour relier des personnes qui ne se connaissent pas, ou plus.
  • Le groupe est en conflit ouvert ou traversé par des non-dits lourds. Un jeu léger, là, agace. Il ne traite rien, et il donne l'impression que vous n'avez pas mesuré la situation. Il faut d'abord un état des lieux, et un travail cadré.
  • Vous n'avez pas cinq minutes pour débriefer. Sans les minutes qui suivent le « Bingo ! », c'est une récréation sans trace. Quinze minutes de jeu et zéro de débrief, c'est quinze minutes perdues.

Les questions qu'on nous pose sur le bingo de l'inclusion

Comment animer un bingo de l'inclusion ?

Une grille et un stylo par personne, une règle en une phrase, tout le monde debout, et cinq minutes de débrief à la fin. La règle : trouvez dans la salle une personne qui correspond à chaque case, et notez son prénom, le même prénom deux fois au plus. Vous lancez, et vous circulez aussi : vous présentez l'une à l'autre deux personnes qui ne se parlent pas, vous allez chercher celles qui restent au bord. Le premier qui complète une ligne, une colonne ou la grille entière, selon ce que vous avez annoncé, crie « Bingo ». Un applaudissement, pas de lot. Puis vous faites asseoir la salle, et vous posez deux ou trois questions.

Bingo humain, bingo brise-glace, bingo de l'inclusion : quelle différence ?

Aucune sur la mécanique, une sur l'intention. Bingo humain, bingo des coïncidences, bingo brise-glace : tous désignent le même jeu, une grille, des affirmations, et l'obligation d'aller voir les autres. On ne lui connaît pas d'auteur, il circule dans les formations et les séminaires. L'appellation « inclusion » ajoute une exigence : que personne ne reste seul dans un coin, et qu'aucune case ne mette quelqu'un mal à l'aise. Ça change la façon d'animer et d'écrire la grille, pas le jeu.

Que mettre dans une grille de bingo à imprimer ?

Entre 12 et 20 affirmations, deux tiers faciles et un tiers rares. Moins de douze cases, le jeu finit trop vite ; plus de vingt, il s'éternise et l'énergie retombe. Les cases faciles, que beaucoup peuvent cocher, font circuler. Les cases rares font sortir une histoire à raconter au débrief. Trop de rares, la grille reste vide et le groupe se décourage. Trop de faciles, il n'y a rien à raconter. La feuille tient en deux colonnes : l'affirmation, et le prénom de la personne trouvée. Ajoutez une case joker, que chacun remplit comme il veut.

Quelles idées de cases pour un bingo, et lesquelles éviter ?

Des cases sur ce qu'on a choisi de faire, jamais sur ce qu'on est. « A déjà couru un marathon », « a un livre à recommander », « a déjà fait du bénévolat », « a vu une pièce de théâtre cette année » : chacun peut raconter, personne n'est renvoyé à un manque. À éviter : l'origine, la religion, la situation familiale, la santé. « A des enfants » ou « fait du sport régulièrement » paraissent anodines et ne le sont pas : elles pointent ceux qui n'en ont pas, ou ne peuvent pas. Glissez deux ou trois cases liées au lieu ou au contexte du jour, une référence locale pour un séminaire en région, un clin d'œil au projet pour un lancement. Et testez la grille sur deux collègues avant le jour J.

Combien de temps et combien de participants ?

De 15 à 30 minutes, et de 6 à 60 personnes en adaptant la grille. Le jeu prend dix à vingt minutes, le débrief trois à cinq. Annoncez la durée au lancement : ça tient le rythme. Six personnes suffisent, mais le jeu prend vraiment à partir d'une dizaine. Sous 12, réduisez à 12 cases et autorisez le même prénom plusieurs fois. Au-delà de 25, un prénom une seule fois par grille, ou des sous-groupes de 8 à 10 avec chacun sa grille.

Que faire des grilles remplies après la séance ?

Les ramasser et les détruire, et l'annoncer avant de commencer. Une grille remplie associe des prénoms à des informations personnelles : qui a vécu à l'étranger, qui fait de l'escalade, qui a un animal. On ne l'affiche pas, on ne la photographie pas, on ne la joint pas au compte rendu. C'est une question de respect, et d'obligations sur les données personnelles.

Le déroulé du bingo de l'inclusion, minute par minute

Ce déroulé est calé sur 25 personnes de plusieurs services, en début de journée, un facilitateur, 25 minutes. Le temps d'inclusion a déjà eu lieu : le bingo vient après, pas à sa place.

TempsCe qui se passeCe que fait le facilitateur
0 à 3 minDistribution : une grille et un stylo par personneDistribue, annonce la durée totale, garde des grilles de secours
3 à 5 minLa règle et le cadre : une personne par case, le même prénom deux fois au plus, on peut passer une questionDit la règle en une phrase, annonce que les grilles seront détruites à la fin
5 à 18 minCirculation : tout le monde debout, on va voir les autres, on pose la question, on écoute la réponseCircule aussi, présente deux personnes qui ne se parlent pas, va chercher celles qui restent au bord
18 à 19 minBingo : le premier qui complète la ligne, la colonne ou la grille le crieFait applaudir, laisse finir les conversations en cours, fait asseoir
19 à 24 minDébrief : deux ou trois histoires, pas un tour de tablePose deux ou trois questions ouvertes, laisse répondre quelques volontaires
24 à 25 minPont vers la suite, et ramassage des grillesRelie le jeu à la séquence suivante, ramasse les grilles
La frise du déroulé du bingo de l'inclusionDistribution (3 min), La règle et le cadre (2 min), Circulation (13 min), Bingo (1 min), Débrief (5 min), Pont vers la suite, et ramassage des grill (1 min)1023551925 min1Distribution · 3 min2La règle et le cadre · 2 min3Circulation · 13 min4Bingo · 1 min5Débrief · 5 min6Pont vers la suite, et ra… · 1 minPhases proportionnelles à leur durée. En jaune : la phase qui fait la différence.
Le déroulé sur une ligne de temps. PDF A4 · PNG

Ce que vous dites en salle, pendant le bingo de l'inclusion

Une proposition de consignes, phase par phase. Dites-les avec vos mots : ce qui compte, c'est l'ordre, et ce qu'elles interdisent.

À la distribution. « Une grille et un stylo chacun. Quinze minutes de jeu, puis cinq minutes pour en parler. »

À la règle. « Trouvez dans la salle une personne qui correspond à chaque case, et notez son prénom. Le même prénom, deux fois au plus. Si une question vous gêne, vous dites "je passe", et c'est tout. À la fin, je ramasse les grilles et elles sont détruites. »

Au lancement. « Tout le monde debout. On ne remplit pas sa grille assis avec ses voisins de table. Allez voir quelqu'un que vous ne connaissez pas. C'est parti. »

Pendant la circulation. À une personne restée au bord : « Vous cherchez quelqu'un qui a vu une pièce de théâtre cette année ? Venez, je vous présente quelqu'un. »

Au bingo. « Bingo pour la ligne. On applaudit. Finissez la conversation en cours, et on s'assoit. »

Au débrief. « Qui a appris quelque chose d'inattendu sur un collègue ? Un point commun que vous n'auriez jamais deviné ? Deux ou trois réponses, pas un tour complet. »

Au pont vers la suite. « Pour remplir votre grille, il a fallu aller vers quelqu'un que vous ne connaissiez pas. C'est ce qu'on va faire toute la journée, sur le sujet cette fois. Je ramasse les grilles. »

Quand ça dérape. Si une case met quelqu'un mal à l'aise : « Cette case, on la raye. Tout le monde. Elle n'aurait pas dû être là. » Si des groupes restent assis : « Debout, s'il vous plaît. Vos voisins de table, vous les connaissez déjà. »

Avant le bingo de l'inclusion : ce qu'on prépare

La raison. La journée a-t-elle vraiment besoin que des gens qui ne se connaissent pas se parlent ? Si la réponse est non, pas de bingo. Si elle est oui, la question suivante est où le placer : après le tour d'inclusion, à la reprise du matin, jamais à la place de l'ouverture.

La grille. De 12 à 20 cases selon la taille du groupe et le temps disponible, deux tiers faciles, un tiers rares, des goûts et des expériences choisies, jamais des marqueurs d'identité. Deux ou trois cases liées au contexte du jour. Une case joker. Testez-la sur deux collègues, et gardez en poche une affirmation de secours si une case s'avère introuvable dans le groupe réel.

La salle. De la place pour circuler. Les tables peuvent rester, à condition qu'on puisse passer entre elles sans enjamber les sacs. Si la salle est trop pleine, faites le jeu dans le hall ou le couloir.

Le dirigeant. Il joue comme les autres, grille en main. Son prénom sur une case vaut celui du dernier arrivé. Dites-lui simplement de ne pas conclure le débrief par un discours sur l'esprit d'équipe.

Pour préparer, notre article sur les règles, la grille et l'animation du bingo de l'inclusion propose une grille générique de vingt affirmations, prête à adapter.

Après le bingo de l'inclusion : le lundi d'après

Le bingo ne laisse aucun livrable : les grilles sont détruites. Il reste les deux ou trois histoires du débrief, qui deviennent des références communes pour le reste de la journée.

Ce qu'il faut regarder se passe hors du jeu. Au déjeuner, ceux qui se sont trouvés par une case se reparlent-ils ? Un nouvel arrivant ose-t-il, une semaine plus tard, demander un coup de main à une autre équipe ? Pour un projet transverse, à trois semaines : des gens de services différents s'appellent-ils sans passer par leur chef ?

Il n'y a pas de cadence propre au bingo à 48 heures ou à trois semaines : la cadence est celle du travail qui suit. Au débrief à froid avec le commanditaire, à 15 ou 30 jours, personne ne demandera si le bingo était réussi. La question sera : les liens créés ce jour-là ont-ils tenu ? Si c'est l'état de ces liens que vous voulez voir, un réseau social en papier les cartographie au lieu de les créer.

Les pièges du bingo de l'inclusion, vus en vrai

Des cases qui excluent. Le piège majeur, vu le nom du jeu. Une case sur les enfants, la santé, l'origine ou la religion renvoie quelqu'un à ce qu'il n'a pas, devant ses collègues. Il regarde sa grille, ne coche pas, et passe le reste du jeu à éviter la question. Restez sur des goûts et des expériences choisies.

Les grilles qui traînent. Oubliées sur les tables, affichées au mur « pour le souvenir », photographiées pour le compte rendu. Ce sont des informations personnelles associées à des prénoms. Ramassez-les, détruisez-les, et dites-le avant de commencer.

Le bingo assis. Chacun reste à sa place et interroge ses voisins. Le jeu est rempli en huit minutes, et personne n'a rencontré personne. Tout l'intérêt est le mélange : faites lever la salle, et empêchez les groupes déjà constitués de se reformer.

Le « Bingo ! » sans débrief. On applaudit le gagnant, et on passe à la présentation suivante. Le mouvement et les rires sont là, le lien ne s'ancre pas. Cinq minutes de débrief suffisent, mais il les faut.

Le bingo à la place de l'inclusion. Il est plus léger, plus « dynamique », et on le met en ouverture. À la fin, tout le monde sait qui a couru un marathon, et personne ne sait où en est le groupe face au sujet du jour. Les deux ne se remplacent pas.

Le lot qui transforme le jeu en course. Un prix visible, et les plus rapides foncent d'une case à l'autre sans écouter les réponses. Le jeu est gagné, la rencontre est ratée. Un applaudissement suffit.

Adapter le bingo de l'inclusion : distanciel, petit groupe, grand groupe

En distanciel

Ça tient, en plus faible : sans le mouvement dans la salle, la connexion est moins forte. Partagez la grille sur un tableau blanc en ligne, puis ouvrez des sous-salles de trois ou quatre, remaniées deux ou trois fois. Ou lisez les affirmations une à une, et chacun répond dans la discussion écrite. Pour d'autres formats pensés pour l'écran, voyez le brise-glace à distance. L'hybride, avec une salle qui circule et des connectés qui regardent, non : c'est le pire des deux mondes (voir animer en hybride).

Avec un petit groupe

De 6 à 12 personnes, réduisez la grille à 12 cases, sinon le jeu traîne faute de monde à interroger, et autorisez le même prénom plusieurs fois. L'enjeu n'est plus le nombre de contacts, c'est la profondeur des échanges : laissez les conversations durer. Sous 6, ce n'est plus un jeu de rencontre, c'est une table : un tour de questions fera mieux.

Avec un grand groupe

Au-delà de 25, le risque est le brouhaha. Deux options : un seul grand jeu où chaque prénom ne compte qu'une fois, ce qui force à parler à beaucoup de monde, ou des sous-groupes de 8 à 10, chacun avec sa grille. Variante plus rythmée : installer la salle en rangées face à face et faire tourner les participants à intervalle régulier, comme un speed dating. Au-delà de 50, travaillez en sous-groupes, avec un relais par groupe, un débrief par groupe, puis deux histoires seulement en plénière.

Pour aller plus loin que le bingo de l'inclusion

Méthodes liées

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Méthode · Débutant

Temps d'inclusion

Le temps d'inclusion ouvre un atelier ou une réunion : chacun dit où il en est face au sujet du jour, sans commentaire. 15 à 30 min, à la place de l'icebreaker.

Durée
10 min à 30 min
Participants
4 à 60
Niveau
Débutant
Format
présentiel, distanciel

Méthode · Débutant

Icebreaker rapide

Un icebreaker rapide, c'est cinq minutes debout après le déjeuner pour réveiller la salle. Un jeu annoncé comme tel, pas une inclusion, puis retour au travail.

Durée
3 min à 10 min
Participants
6 à 120
Niveau
Débutant
Format
présentiel

Méthode · Débutant

Brise-glace à distance

Un brise-glace à distance tient en 5 minutes : chacun écrit dans le chat au même signal, puis deux ou trois parlent. Ce qui marche en visio, ce qui casse.

Durée
3 min à 10 min
Participants
3 à 30
Niveau
Débutant
Format
distanciel

Méthode · Intermédiaire

Réseau social en papier

Le réseau social en papier fait dessiner à un groupe de 10 à 30 personnes les liens qui le relient, sur un grand papier, en 45 à 60 minutes, avec ses risques.

Durée
45 min à 1 h
Participants
10 à 30
Niveau
Intermédiaire
Format
présentiel

Situations où ça sert

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