Méthode · Débutant
Brise-glace à distance
Un brise-glace à distance tient en 5 minutes : chacun écrit dans le chat au même signal, puis deux ou trois parlent. Ce qui marche en visio, ce qui casse.
- Durée3 min à 10 min
- Participants3 à 30
- NiveauDébutant
- Formatdistanciel
Un brise-glace à distance est un exercice de trois à dix minutes qui ouvre une visio : chacun écrit une réponse courte dans le chat, tous au même signal, puis deux ou trois personnes la disent à voix haute. Il sert à faire entendre chaque voix une fois, à allumer les caméras et à sortir du silence des premières minutes, pour une équipe de 3 à 30 personnes. C'est ce qu'on conseille à ceux qui animent des équipes réparties sur plusieurs sites, qui ne se voient qu'en visio, et qui en ont « un peu marre » des jeux d'ouverture.
À quoi sert vraiment le brise-glace à distance
Une visio commence toujours de la même façon. « Vous m'entendez ? » Trois caméras allumées sur douze. Un silence de dix secondes qui en paraît soixante. Puis le plus à l'aise parle, et la réunion se cale sur lui. En salle, on voit les visages, on sent qui décroche, on va chercher quelqu'un du regard. En visio, on voit des vignettes, et chacun attend que quelqu'un d'autre se lance.
Le problème des premières minutes à distance n'est pas l'ambiance. C'est le mimétisme. Faites un tour de table en visio sur « comment ça va ? » : le premier dit « ça va, un peu chargé », le deuxième dit « pareil, chargé », et au sixième tout le monde est chargé. Personne n'a menti. Chacun s'est calé sur ce qu'il venait d'entendre, parce qu'à l'écran on n'a que ça comme repère.
D'où la règle qui tient toute cette fiche : le chat avant la parole. Vous posez la question, chacun tape sa réponse sans l'envoyer, et au signal tout le monde envoie en même temps. Douze réponses arrivent d'un coup. Personne n'a pu se caler sur le précédent, puisqu'il n'y a pas de précédent. Le mimétisme disparaît, et vous lisez en dix secondes ce que le tour de table aurait mis dix minutes à ne pas vous dire. C'est le mécanisme qu'on utilise pour le temps d'inclusion en visio : l'écriture simultanée empêche de se caler sur le voisin.
Ce que ce n'est pas : un temps d'inclusion. Le brise-glace relance l'énergie et fait parler une fois. L'inclusion dit où en est chacun face au sujet du jour, et elle prend quinze minutes, pas cinq. Le carnet de nos formations le résume en une ligne : « L'énergie d'abord, le contenu ensuite. » À distance, la frontière entre les deux est plus mince qu'en salle, et c'est tant mieux : le meilleur exercice d'ouverture en visio est une question courte qui touche déjà au sujet. Le jeu pur, sans rapport avec rien, on le garde pour relancer une réunion virtuelle qui s'enlise après le déjeuner. On a expliqué ailleurs pourquoi on ne fait plus d'icebreaker en ouverture : c'est vrai derrière un écran aussi.
Il sert enfin parce que le temps commun, à distance, est rare. Une équipe qui ne se retrouve qu'une heure et demie par mois en visio, et qui nous demande si c'est « un peu léger », ne peut pas donner vingt minutes à un jeu. Cinq minutes, c'est le budget.
Quand ne pas utiliser le brise-glace à distance
- La réunion est en hybride. Une partie de l'équipe en salle, l'autre derrière un écran : ceux de la salle se parlent, ceux à distance écrivent dans un chat que personne ne lit dans la pièce. Aucun exercice d'ouverture ne le répare.
- Vous voulez savoir où en est le groupe sur le sujet. Cinq minutes et un mot dans le chat ne suffisent pas. Il faut une vraie question, un tour complet, un quart d'heure : c'est un temps d'inclusion, pas un brise-glace.
- La réunion annonce une nouvelle difficile. Réorganisation, départ, mauvais résultats : un exercice léger en ouverture sonne faux, et l'équipe s'en souviendra. Ouvrez par le sujet, sobrement.
- Le groupe dépasse trente personnes et vous n'avez pas de sous-salles. Trente réponses défilent trop vite pour être lues, et personne ne se sent entendu. Au-delà, on passe en sous-salles, ou on renonce.
- La réunion dure moins de vingt minutes. Cinq minutes sur vingt, c'est un quart du temps. Une question dans le chat pendant qu'on attend les retardataires fait le travail.
Les questions qu'on nous pose sur le brise-glace à distance
Comment faire un brise-glace à distance ?
Par le chat, avant la parole. Vous collez une question courte dans le chat, vous demandez à chacun de taper sa réponse sans appuyer sur Entrée, et au signal, « trois, deux, un, envoyez », tout le monde envoie en même temps. Vous lisez les réponses à voix haute, vous appelez deux ou trois personnes par leur nom pour une phrase de plus, et vous passez au sujet. Cinq minutes, sept au plus.
La question compte plus que la mécanique. Elle se répond en un mot ou une phrase, elle porte sur l'état de chacun ou sur le sujet du jour, et elle ne demande à personne de raconter sa vie. « En un mot, comment vous arrivez à cette réunion ? » marche. « Racontez-nous votre week-end » ne marche pas : c'est long, c'est personnel, et c'est un tour de table déguisé.
Quel icebreaker en visio marche en cinq minutes ?
Ceux où tout le monde répond en même temps. C'est le seul critère qui tienne à distance : ce qui se fait ensemble prend une minute, ce qui se fait chacun son tour en prend quinze. Trois formats remplissent ce critère.
Le mot dans le chat, envoyé au signal, sur le sujet ou sur l'état de chacun. Le chiffre avec les doigts : « de un à cinq, votre énergie ce matin, levez la main devant la caméra », tout le monde en même temps, et vous voyez la salle d'un coup d'œil. L'objet à portée de main : « montrez un objet posé sur votre bureau qui dit quelque chose de votre semaine », trente secondes, et seulement sous huit personnes, parce qu'au-delà il faut un tour.
Si vous avez un quart d'heure et un sujet qui mérite qu'on s'y arrête, le photolangage marche aussi à l'écran, avec la même règle : chacun écrit le numéro de son image dans le chat, au signal. Et après le déjeuner, quand la visio de l'après-midi s'enlise : « levez-vous, tout le monde, une minute, caméra allumée ».
Un brise-glace en réunion à distance, c'est obligatoire ?
Non. Ce qui compte, c'est que chacun ait écrit ou parlé une fois dans les premières minutes. Plus on attend pour faire venir une voix, plus elle a du mal à venir : celui qui n'a rien dit au bout d'une demi-heure de visio ne dira souvent plus rien. Pour un point hebdomadaire de trente minutes, une question dans le chat pendant qu'on attend les derniers suffit. Pour un atelier, ouvrez par un vrai temps d'inclusion. Le brise-glace est entre les deux : une réunion d'une heure, une équipe qui se voit peu, un démarrage à froid.
Comment démarrer une visio sans perdre dix minutes ?
En commençant à l'heure, avec ceux qui sont là. La consigne est déjà dans le chat quand les premiers arrivent, et ceux qui se connectent en retard y répondent en arrivant. Ce qui fait perdre dix minutes, ce n'est pas l'exercice, c'est « on attend encore deux personnes », puis « vous m'entendez ? », puis le partage d'écran qui ne marche pas. Dans un atelier en salle, il faut 30 à 45 minutes pour mettre la machine en route. Une visio d'une heure n'a pas ce temps : elle démarre pile, ou elle ne démarre pas.
Un icebreaker Teams ou Zoom, ça change quoi ?
Presque rien. Il vous faut trois choses, et les outils de visio courants les ont : un chat ouvert à tous, un affichage en mosaïque pour voir tout le monde, des sous-salles au-delà de quinze personnes. Et évitez l'outil tiers pour cinq minutes. Un tableau blanc en ligne, un lien à ouvrir, un compte à créer : le temps que le dernier y arrive, l'exercice est fini et vous avez perdu la moitié de la réunion.
Et si une partie de l'équipe est en salle ?
Alors ce n'est plus une visio, c'est de l'hybride, et on vous le déconseille. Tout le monde en salle, ou tout le monde derrière un écran. Si vous n'avez vraiment pas le choix, chacun se connecte depuis son propre ordinateur, casque sur les oreilles, y compris ceux qui sont dans la même pièce : au moins, le chat est le même pour tous et le signal part pour tout le monde en même temps. Ce qui casse, et ce qu'on fait à la place, est détaillé dans la situation animer en hybride.
Le déroulé du brise-glace à distance, minute par minute
Ce déroulé est calé sur une équipe de 12 personnes en visio, en ouverture d'une réunion d'une heure, un facilitateur, sept minutes. Adaptez la question, pas l'ordre.
| Temps | Ce qui se passe | Ce que fait le facilitateur |
|---|---|---|
| 0 à 1 min | Ouverture : on commence à l'heure, la question est déjà collée dans le chat | Salue, demande les caméras pour les cinq premières minutes, dit qu'on ne répond pas encore |
| 1 à 2 min | Écriture : chacun tape sa réponse dans le chat, sans l'envoyer | Tient le silence, relit la question une fois à voix haute |
| 2 à 3 min | Envoi : au signal, tout le monde envoie en même temps | Compte « trois, deux, un, envoyez », attend que les douze réponses soient arrivées |
| 3 à 4 min | Lecture : les réponses sont lues à voix haute | Lit tout sans commenter, puis nomme les mots qui reviennent et celui qui ne ressemble à aucun autre |
| 4 à 6 min | Deux ou trois voix : quelques personnes disent une phrase de plus | Appelle par le nom, en commençant par ceux qui parlent peu, jamais par le chef |
| 6 à 7 min | Bascule : on passe au premier point, ou au temps d'inclusion si l'enjeu le demande | Remercie en une phrase, annonce la suite, ne fait pas de débrief |
Ce que vous dites en salle, pendant le brise-glace à distance
Une proposition de consignes, phase par phase. Dites-les avec vos mots : ce qui compte, c'est l'ordre, et ce qu'elles interdisent.
À l'ouverture. « Bonjour à tous, on commence à l'heure, ceux qui arrivent nous rejoindront. Allumez votre caméra si vous le pouvez, au moins pour les cinq premières minutes. La question est dans le chat : lisez-la, mais ne répondez pas encore. »
À l'écriture. « Tapez votre réponse dans le chat, un mot ou une phrase, et n'appuyez pas sur Entrée. Trente secondes. »
Au signal. « Tout le monde est prêt ? Trois, deux, un : envoyez. »
À la lecture. « Je lis tout, sans commenter. Voilà les mots qui reviennent, et en voilà un qui ne ressemble à aucun autre. »
Aux deux voix. « Vous avez écrit "en apnée" : vous nous en dites une phrase de plus ? » Et pour ceux qui arrivent en retard : « La question est dans le chat, répondez-y en arrivant. »
À la bascule. « Merci. On a entendu tout le monde une fois. On passe au premier point. »
Quand ça dérape. Si l'ouverture tourne au tour de table : « Pas de tour. Tout le monde écrit, et tout le monde envoie au signal. » Si le jeu commence à manger la réunion : « On s'arrête là. On repart sur le premier point. »
Avant le brise-glace à distance : ce qu'on prépare
La question d'abord. Une seule, écrite à l'avance, prête à coller. Elle se répond en un mot ou en une phrase, elle ne demande pas de raconter, et elle a un lien avec la réunion : l'état de chacun en arrivant, le projet cette semaine, ce qu'on attend de l'heure qui vient.
L'invitation ensuite. Elle dit qu'on commence à l'heure pile, caméra allumée si possible, et que les cinq premières minutes servent à s'entendre une fois avant de travailler.
L'outil. Vérifiez que le chat est ouvert à tous les participants, invités extérieurs compris, que l'affichage en mosaïque est possible, et que les sous-salles sont prêtes si vous dépassez quinze personnes. Au-delà de quinze, prévoyez une deuxième personne : l'une parle, l'autre lit le chat et relance ceux qui n'ont rien écrit.
La suite, enfin. L'exercice ouvre sur quelque chose. Si la réunion enchaîne sur vingt minutes d'information descendante, vous aurez fait parler tout le monde pour rien. Enchaînez sur une question où la parole de chacun sert, ou sur un temps d'inclusion si l'enjeu le demande.
Après le brise-glace à distance : le lundi d'après
Un brise-glace ne laisse pas grand-chose, et c'est normal. Il laisse une trace dans le chat : douze mots, qui disent l'état d'une équipe un lundi matin. Copiez-les dans le compte-rendu.
Si la réunion est hebdomadaire, changez la question chaque semaine, et à partir de la deuxième, confiez-la à quelqu'un de l'équipe. Au bout de trois semaines, regardez deux choses : combien de caméras s'allument au début, et combien de personnes ont parlé avant la vingtième minute. Si rien n'a bougé, ce n'est pas l'ouverture qui manque, c'est la façon dont la réunion distribue la parole. Là, on est dans faire parler tout le monde en réunion, et un exercice de cinq minutes n'y suffira pas.
Le débrief à froid, à 15 ou 30 jours, tient en une question posée à l'équipe en fin de réunion : on garde, on change, on arrête ? Et si la réponse est « on arrête », on arrête.
Les pièges du brise-glace à distance, vus en vrai
Le tour de table en visio. Le facilitateur demande « qui veut commencer ? », puis « à qui je passe la parole ? ». Douze personnes, une minute chacune, les transitions, les micros coupés : un quart d'heure. Et les derniers répètent les premiers. C'est exactement ce que le chat simultané évite.
Le jeu qui mange la réunion. Un quiz, un « deux vérités et un mensonge », un tableau blanc à remplir : vingt minutes sur une réunion d'une heure. L'équipe rit, puis se demande pourquoi elle n'a pas avancé. Court, puis on repart.
La question qui entre chez les gens. En visio, la caméra est déjà dans leur cuisine ou leur chambre. « Montrez-nous votre bureau », « présentez-nous votre famille » : certains se prêtent au jeu, d'autres coupent la caméra et ne la rallument plus. Posez des questions sur la réunion et sur l'état de chacun, pas sur leur vie.
Le chat qu'on ne lit pas. Les réponses arrivent, et le facilitateur enchaîne sur l'ordre du jour sans rien en dire. La fois suivante, la moitié n'écrit plus, parce qu'elle a compris que ça ne servait à rien. Lisez tout, à voix haute, même vite.
Le même rituel tous les lundis. « Votre météo du jour ? », chaque semaine, depuis six mois. Tout le monde répond « nuageux » sans lever les yeux. Un rituel qui ne change jamais rejoint les outils dont les équipes sont lassées, et c'est tout le sujet de sortir des outils vus et revus. Changez la question, ou changez celui qui la pose.
Adapter le brise-glace à distance : distanciel, petit groupe, grand groupe
En distanciel
C'est le terrain naturel de cette fiche. Ce qui casse : le tour de table, l'outil tiers où il faut se connecter, et l'hybride, le pire des deux mondes. En salle, l'équivalent est le post-it écrit en silence puis collé au même moment, ou un icebreaker rapide de cinq minutes quand il s'agit seulement de relancer l'énergie après le déjeuner.
Avec un petit groupe
À trois, quatre ou cinq, le chat reste utile : même à quatre, le deuxième se cale sur le premier. Mais vous pouvez faire dire chaque réponse à voix haute, une phrase chacun, en deux minutes. Et si l'équipe se voit tous les jours en visio, un seul mot suffit : ne transformez pas un point de quinze minutes en cérémonie.
Avec un grand groupe
Au-delà de trente, le chat défile trop vite pour être lu ; au-delà de cinquante, il devient illisible. Deux options. La première : un nuage de mots ou un sondage, et le facilitateur lit à voix haute les cinq mots les plus fréquents ; personne ne parle, mais chacun voit qu'il a été compté. La seconde : des sous-salles de quatre ou cinq, trois minutes, la même question, un mot par personne dit à voix haute, puis retour en plénière sans restitution.
Pour aller plus loin que le brise-glace à distance
Méthodes liées
Méthodes liées
Méthode · Débutant
Temps d'inclusion
Le temps d'inclusion ouvre un atelier ou une réunion : chacun dit où il en est face au sujet du jour, sans commentaire. 15 à 30 min, à la place de l'icebreaker.
Méthode · Débutant
Icebreaker rapide
Un icebreaker rapide, c'est cinq minutes debout après le déjeuner pour réveiller la salle. Un jeu annoncé comme tel, pas une inclusion, puis retour au travail.
Méthode · Débutant
Photolangage
Le photolangage fait choisir à chacun une image pour dire où il en est face à une question, puis l'expliquer sans être commenté. Pour ceux qui se taisent.
Situations où ça sert
- Animer en hybride : présentiel et distanciel en même temps
- Sortir des outils vus et revus : autre chose que les post-it
Insuffle Académie
Apprendre à l'animer
Insuffle Académie forme les facilitateurs internes en 3 jours, 80 % de pratique. Les outils, c'est 10 % du sujet.
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