Situation

Concilier travail et convivialité sur une journée de séminaire

Concilier travail et convivialité sur une journée de séminaire, c'est une question d'ordre : le travail d'abord, le moment convivial ensuite, jamais au milieu.

4 min de lecture

La question telle qu'on nous la pose

« Comment faire une journée qui soit à la fois du travail et un vrai moment convivial, sans perdre le groupe l'après-midi ? »

Concilier travail et convivialité sur une journée, c'est d'abord une question d'ordre : le travail d'abord, le moment convivial ensuite, jamais au milieu. Une fois que le groupe a basculé dans le jeu, il ne revient pas au travail. Et la convivialité ne se programme pas seulement en activité : elle vient aussi du travail lui-même, quand il se fait à des petites tables, en mouvement, sur une question qui compte.

Ce qui se passe vraiment quand on veut concilier travail et convivialité

Le scénario est presque toujours le même. On veut une journée utile, et on veut qu'elle soit agréable, parce que l'équipe le mérite et qu'on ne se voit pas souvent. Alors on met un peu de tout : ateliers le matin, activité au milieu, restitution en fin d'après-midi. Et à 15 heures, plus rien ne prend.

Un client qui préparait une journée pour une centaine de personnes l'avait déjà vécu : « C'est compliqué de revenir à du travail dès lors qu'on a basculé sur le ludique. » Une direction régionale nous l'a dit autrement : « Le plus dur c'est pas le matin, c'est l'après-midi. » Les deux décrivent la même pente. Le matin, tout le monde tient. Après le déjeuner, et encore plus après une activité, le groupe a compris que la journée était une récréation, et il ne comprend pas pourquoi on lui demande de produire.

Séminaire travail et détente : le problème, c'est le mélange

Ni le travail ni la détente ne sont le problème. C'est de les alterner sans le dire. Un groupe qui ne sait pas s'il est en train de travailler ou de se détendre fait les deux à moitié. Il ne se détend pas vraiment, parce qu'il sait qu'on va lui demander un livrable. Il ne travaille pas vraiment, parce qu'il a la tête à la soirée.

Ce que ça cache : la peur que ce soit « juste un moment sympa »

Le dirigeant d'une entreprise familiale a posé sa condition dès le premier appel : « Qu'on s'assure que ce ne soit pas uniquement un moment sympa. » Il ne refusait pas le moment sympa. Il refusait qu'il soit le seul résultat de la journée. C'est la bonne exigence. Un bon moment n'est pas rien, mais le lundi d'après, un bon souvenir en commun ne tranche aucun sujet.

Journée d'équipe : travail et convivialité ne s'opposent pas

Ce qu'on oublie, c'est que le travail bien fait est convivial. Quatre personnes autour d'une table, sans le chef, sur une question qui les concerne : ça se parle, ça rit, ça se découvre. Ceux qui sortent d'une journée comme ça ne disent pas « on a bien travaillé ». Ils disent « on s'est parlé ». La cohésion est le résultat du travail, pas une activité à caser entre le déjeuner et le dîner : c'est ce qu'on défend pour le séminaire de cohésion.

Ce qu'il ne faut pas faire sur une journée de séminaire

Mettre l'activité au milieu. Le karting ou l'escape game à 11 heures, les ateliers à 14 heures : vous aurez une salle qui attend la fin.

Faire passer le jeu pour du travail. Un jeu suivi d'un débrief « qu'est-ce que ça vous a appris sur l'équipe ? » ne trompe personne, et il rend le retour au travail encore plus dur.

Garder les présentations pour l'après-midi. Après le déjeuner, rien ne passe à l'écran. Si quelqu'un doit présenter, c'est le matin, et court.

Couper l'atelier en morceaux pour « aérer ». Un atelier qui produit, c'est 3 heures minimum, parce qu'il faut 30 à 45 minutes pour mettre la machine en route. Trois tranches d'une heure entrecoupées de pauses ludiques, ce sont trois mises en route et aucune production.

Ce qu'on fait à la place

Alterner travail et convivialité dans le bon ordre

Le matin, on ouvre par un temps d'inclusion, pas par un jeu : chacun dit en une phrase où il en est face à la question du jour. Puis on travaille la question, en sous-groupes de 5 à 7. Le World Café est ce qui ressemble le plus à un moment convivial tout en produisant : quatre ou cinq par table, trois tours de vingt minutes, on change de table et de voisins, et une idée sortie à une table fait le tour de la salle.

Après le déjeuner, on remet la salle d'aplomb sans passer par l'écran. Cinq minutes debout avec un icebreaker rapide, annoncé comme tel : « on se réveille, ça ne sert à rien d'autre, et on reprend. » Ou mieux, une marche apprenante : on sort, à deux ou trois, avec une question à travailler en marchant, et on revient avec de la matière plutôt qu'avec un souvenir.

Puis on converge, et on décide : ce qu'on fait, ce qu'on ne fait pas, qui porte. Seulement après vient le moment convivial : l'apéritif, le dîner, l'activité si vous y tenez. Mise à la fin, elle devient une récompense. Mise au milieu, elle devient la journée.

Pour cent personnes, la logique est la même, avec des contraintes en plus, détaillées dans animer un grand groupe. Et pour que le lundi ne ressemble pas au vendredi, tout se joue dans le plan d'action après séminaire.

Les méthodes qui répondent

  1. World Café

    Parce qu'une conversation à quatre autour d'une table, qui change de voisins toutes les vingt minutes, est déjà un moment convivial, et qu'elle produit.

    1 h 30 à 3 h · 12 à 200 personnes · 1 pour 20 à 30 personnes, des hôtes internes par table

Insuffle Académie

Apprendre à l'animer

Insuffle Académie forme les facilitateurs internes en 3 jours, 80 % de pratique. Les outils, c'est 10 % du sujet.

Voir la formation

Insuffle

On l'anime pour vous

Vous préférez qu'on vienne le faire ? Insuffle facilite des séminaires et des temps collectifs, en Normandie, à Paris et ailleurs.

Parler à Insuffle