Méthode · Débutant
15 % Solutions
Les 15 % Solutions font chercher à chacun ce qu'il peut faire dès lundi, sans permission ni moyens en plus, puis le font challenger à trois. 20 à 45 minutes.
- Durée20 min à 45 min
- Participants3 à 100
- NiveauDébutant
- Formatprésentiel, distanciel
Les 15 % Solutions sont une structure courte qui pose une seule question à chacun : face à ce défi, où avez-vous la liberté d'agir tout de suite, sans demander la permission et sans moyens en plus ? Chacun écrit seul ses pistes, puis les soumet à deux collègues qui l'aident à les rendre faisables, en 20 à 45 minutes, de 3 à 100 personnes. On la place en fin de séminaire ou de réunion, quand le plan d'action collectif est trop gros pour tenir le lundi et qu'il faut que chacun reparte avec un premier pas à sa main.
À quoi sert vraiment les 15 % Solutions
À passer de « ils devraient » à « je peux ». Dans la plupart des ateliers, les participants parlent de ce que la direction, le siège ou l'autre service devraient faire. C'est souvent juste, et c'est toujours hors de leur portée. La question des 15 % retourne la perspective : admettons que 85 % du problème vous échappent. Il reste 15 % sur lesquels vous pouvez agir, seul, dès maintenant. Lesquels ?
Le chiffre n'est pas une mesure. Personne ne calcule ses 15 %. C'est une image qui autorise à penser petit, et c'est tout son intérêt. Un groupe à qui l'on demande « que faut-il faire ? » produit des chantiers. Le même groupe, à qui l'on demande « que pouvez-vous faire lundi sans rien demander à personne ? », produit des gestes : changer l'ordre du jour de sa réunion d'équipe, appeler le service d'à côté au lieu de lui écrire, arrêter de mettre tout le monde en copie. Les gestes se font. Les chantiers attendent.
Un client cherchait « le juste milieu entre être trop ambitieux et le lundi d'après on le tient pas ». C'est exactement l'espace que vise la structure. Ni l'ambition du séminaire, ni la résignation d'après : le premier pas qui dépend de soi. Et parce que chacun en trouve un, ce n'est pas un plan d'action porté par trois personnes, ce sont trente petits pas qui avancent en même temps.
Le deuxième temps compte autant que le premier. Seul, on écrit des pistes vagues, ou des pistes qui demandent sans le dire une autorisation. À trois, les collègues posent les bonnes questions : est-ce vraiment à ta main ? Tu commences quand ? Qu'est-ce qui pourrait t'en empêcher ? La piste sort de là plus petite, plus précise, et vraiment faisable.
Ce format vient des Liberating Structures d'Henri Lipmanowicz et Keith McCandless, qui attribuent l'idée des 15 % au théoricien des organisations Gareth Morgan. Le déroulé est décrit sur la page officielle des 15 % Solutions, et les Liberating Structures qu'on utilise en atelier situent la structure parmi les autres. On la retrouve aussi à la dernière page du cahier de concrétisation, où elle transforme les notes de la journée en engagement.
Quand ne pas utiliser les 15 % Solutions
- Le problème est entièrement hors de portée des participants. Si la seule vraie réponse est une décision budgétaire, un recrutement ou un arbitrage de la direction, les 15 % deviennent des gestes symboliques. Le groupe le sent, et il a raison.
- On s'en sert pour éviter une décision qui appartient à la direction. « Chacun fait sa part » est une manière commode de ne pas trancher en haut. Si la direction a une décision à prendre, elle la prend d'abord : les petits pas viennent en plus, pas à la place.
- Le groupe attend d'abord d'être entendu. Après une période difficile, demander tout de suite « et vous, que pouvez-vous faire ? » sonne comme un reproche. Laissez d'abord le groupe dire ce qu'il a vécu, par exemple avec le What, So What, Now What, et gardez cette structure pour la fin.
- Tout est gelé. En pleine réorganisation, quand personne ne sait qui décide de quoi, la question des marges de liberté n'a pas de réponse stable. Attendez que le cadre soit posé.
Les questions qu'on nous pose sur les 15 % Solutions
Comment animer les 15 % Solutions ?
Avec une question posée clairement, cinq minutes d'écriture seul, et des trios qui s'entraident. Au cadre, vous dites l'idée des 15 % en une phrase et vous racontez un vrai petit pas qui a compté, le vôtre de préférence. Chacun écrit ensuite ce qu'il peut faire tout de suite, sans autorisation ni moyens. Puis, par trois, chacun lit ses pistes, et les deux autres l'aident à les rendre faisables : questions, conseils, vérification que c'est bien à sa main. Chacun choisit enfin une piste, avec une date, et quelques-uns la lisent en plénière. Un facilitateur suffit pour 20 à 30 personnes.
Ce qui dépend de nous, c'est vraiment 15 % ?
Non, c'est une image. Selon les situations, ce qui dépend de vous peut être bien plus large, ou bien plus étroit. Le chiffre sert à deux choses : reconnaître que l'essentiel du problème vous échappe, ce qui soulage, et affirmer qu'il en reste une part sur laquelle vous pouvez agir, ce qui engage. Ne discutez pas le pourcentage en séance. Si un participant dit « chez nous, c'est plutôt 2 % », répondez : très bien, quels sont vos 2 % ?
15 % Solutions : exemple après un séminaire, ça donne quoi ?
Une équipe de trente personnes sort d'une journée sur la coopération entre deux services. Le plan d'action collectif contient trois chantiers, portés par la direction. En fin de journée, une demi-heure de 15 % : chacun écrit ce qu'il peut faire dès lundi, seul, pour que ça aille mieux entre les deux services. Les pistes sont d'abord larges, « mieux communiquer », puis les trios les resserrent : inviter un collègue de l'autre service à sa prochaine réunion d'équipe, répondre dans la journée aux demandes qui viennent d'en face, arrêter de passer par le chef pour une question simple. Chacun repart avec une piste datée, et trois semaines plus tard, on demande qui l'a tenue.
Agir sans permission, ça ne crée pas le désordre ?
Pas si le périmètre est clair, et c'est justement le rôle des trios de le vérifier. La question ne dit pas « faites ce que vous voulez », elle dit « faites ce qui est déjà à votre main ». Changer l'heure de sa réunion d'équipe, oui. Modifier une procédure qui engage d'autres services, non : ça demande une autorisation, ce n'est donc pas un 15 %. Si un participant propose une piste qui dépasse son rôle, ses collègues le lui disent, et il la réduit à ce qui dépend de lui.
Combien de personnes, et combien de temps ?
De 3 à 100 personnes, et de 20 à 45 minutes. Les auteurs donnent 25 à 28 minutes : une minute de cadre, cinq pour écrire seul, six à neuf pour partager par deux ou trois, onze pour s'entraider, deux pour une plénière très courte. Comptez une demi-heure, un peu plus si vous ajoutez un temps où chacun choisit une piste et la date. Au-delà de 45 minutes, la structure s'essouffle : elle est faite pour être courte.
Et avec la Troika Consulting ?
Les deux vont très bien ensemble, et les auteurs le suggèrent. Chacun écrit d'abord ses 15 %, puis passe client dans une Troika Consulting : il présente sa piste, et ses deux consultants en discutent pendant qu'il leur tourne le dos. La consultation est plus ciblée, parce que le client arrive avec un premier pas et non avec un problème entier. Comptez alors 45 minutes à une heure pour l'ensemble.
Le déroulé des 15 % Solutions, minute par minute
Ce déroulé est calé sur 30 personnes, dix trios, un facilitateur, 35 minutes, en fin de séminaire. Le temps d'écriture seul et le temps d'entraide ne se raccourcissent pas.
| Temps | Ce qui se passe | Ce que fait le facilitateur |
|---|---|---|
| 0 à 3 min | Cadre : l'idée des 15 %, la question écrite au mur, un exemple vrai de petit pas | Lit la question deux fois, raconte un petit pas qui a compté, sans en faire une leçon |
| 3 à 8 min | Seul, en silence : chacun écrit ce qu'il peut faire tout de suite, sans permission ni moyens en plus | Tient le silence, rappelle « à votre main, pas à celle des autres » |
| 8 à 16 min | Par trois : chacun lit ses pistes aux deux autres, sans débat | Forme les trios avec des voisins de services différents, tient le temps |
| 16 à 27 min | Entraide : les deux autres posent des questions, conseillent, vérifient que la piste dépend bien de celui qui parle | Circule, fait réduire les pistes qui demandent une autorisation |
| 27 à 30 min | Chacun choisit une piste et l'écrit avec une date | Demande une date pour chaque piste, pas une intention |
| 30 à 35 min | Plénière : trois ou quatre personnes lisent une piste qui les a inspirées, puis clôture | Fait lire sans commenter, annonce le point à trois semaines, arrête à l'heure |
Ce que vous dites en salle, pendant les 15 % Solutions
Une proposition de consignes, phase par phase. Dites-les avec vos mots : ce qui compte, c'est l'ordre, et ce qu'elles interdisent.
Au cadre. « Pensez au défi dont on vient de parler. Admettons que 85 % vous échappent. Il reste 15 % sur lesquels vous pouvez agir, seul, dès maintenant. Lesquels ? »
À l'exemple. « Je vous donne un exemple de petit pas, un vrai. Retenez sa taille, pas son sujet. »
Seul. « Cinq minutes, en silence. Écrivez ce que vous pouvez faire sans demander la permission et sans moyens en plus. Ce qui dépend de vous, pas des autres. »
Par trois. « Chacun lit ses pistes aux deux autres. On écoute, on ne discute pas encore. »
À l'entraide. « Maintenant, aidez-vous. Posez des questions, donnez des idées. Et vérifiez une chose : est-ce vraiment à sa main ? »
Au choix. « Choisissez une piste, une seule. Écrivez-la avec une date. Une piste sans date, c'est une intention. »
À la plénière. « Trois ou quatre d'entre vous lisent une piste qui les a inspirés, la leur ou celle d'un autre, avec son accord. Je ne commente pas. »
Quand ça dérape. Si les pistes parlent de ce que les autres devraient faire : « Ça, ce sont leurs 15 %. Quels sont les vôtres ? » Si une piste demande une autorisation : « Si vous devez demander, ce n'est pas un 15 %. Que pouvez-vous faire avant même de demander ? »
Avant les 15 % Solutions : ce qu'on prépare
Le défi, d'abord. Les 15 % s'appliquent à un défi précis, que tout le monde a en tête au moment de la question. En fin de séminaire, c'est le sujet de la journée. En réunion, il faut le nommer en une phrase et l'écrire au mur. Un défi flou donne des pistes floues.
L'exemple, ensuite. Les auteurs conseillent d'ouvrir en racontant un petit changement qui a produit un grand effet. Préparez-le, et prenez-le dans votre expérience réelle, pas dans un livre : c'est lui qui donne la taille des pistes attendues. Si votre exemple est trop ambitieux, les participants écriront des chantiers.
La place dans la journée. Cette structure se met à la fin, après le travail collectif et après les décisions de la direction, jamais avant. Si le plan d'action collectif n'est pas encore décidé, les participants chercheront leurs 15 % sur un terrain mouvant. Pour organiser la fin de journée, voir le plan d'action après séminaire.
Le cadrage avec le commanditaire. Une question à lui poser : que ferez-vous des pistes individuelles ? La bonne réponse est « rien », au sens où elles appartiennent aux participants. Il peut demander qu'on en reparle à trois semaines, pas qu'on les lui remonte pour validation : une piste validée par la direction n'est plus un 15 %.
La salle. Des chaises qu'on regroupe par trois, sans table. Une feuille et un stylo par personne. La question en grand, un chronomètre visible. C'est tout.
Après les 15 % Solutions : le lundi d'après
Les 15 % ont un avantage sur la plupart des plans d'action : on sait très vite s'ils ont été tenus, parce que chacun a choisi le sien et l'a daté.
Dans les 48 heures, si le groupe est d'accord, les pistes partent à tous, avec ou sans nom, selon ce qui a été convenu en séance. Les voir ensemble montre au groupe qu'il avance sur trente fronts à la fois.
À une semaine, rien de formel : chacun a fait son premier pas, ou pas. S'il y a une réunion d'équipe, deux minutes suffisent : qui a déjà tenu sa piste ?
À trois semaines, le vrai point : qu'est-ce que vos 15 % ont changé ? Certaines pistes n'auront rien donné. D'autres auront eu un effet plus grand que prévu, et ce sont elles qu'il faut raconter, parce qu'elles donnent envie de recommencer.
Au débrief à froid, à 15 ou 30 jours, avec le commanditaire, une question : les participants ont-ils agi sans attendre ? Si oui, refaites l'exercice au prochain temps collectif. Et pour décider d'abord ce que le groupe arrête, avant de chercher ce que chacun fait, commencez par un atelier TRIZ.
Les pièges des 15 % Solutions, vus en vrai
Les 15 % des autres. Les feuilles se remplissent de « la direction devrait », « il faudrait que les RH ». Ce sont des pistes utiles, mais elles appartiennent à d'autres. Le facilitateur repasse la consigne : vos 15 %, pas les leurs. Et il propose de noter à part ce qui relève de la direction, pour ne pas le perdre.
La piste qui demande une permission. « Je vais proposer à mon directeur de… » C'est une demande, pas une action. Elle peut être utile, mais elle dépend d'un autre. La vérification se fait en trio : qu'est-ce que tu peux faire avant même de lui en parler ?
L'entraide qui devient débat. Un trio discute du fond du problème au lieu d'aider chacun à préciser sa piste. Les onze minutes passent, et personne n'a de premier pas. Rappelez la consigne : on aide celui qui parle à rendre sa piste faisable, on ne refait pas le séminaire.
Le plan d'action géant déguisé. Le commanditaire récupère les trente pistes, les met dans un tableau, et en fait un plan à suivre. Les participants ne reconnaissent plus leurs gestes, et la structure perd ce qui la faisait marcher : chacun porte le sien. Les pistes restent à ceux qui les ont écrites.
Le premier pas sans suite. Tout le monde repart avec une piste datée, et personne n'en reparle. Au bout d'un mois, les feuilles sont dans un tiroir. Le point à trois semaines n'est pas facultatif : c'est lui qui fait passer les pistes à l'acte.
Adapter les 15 % Solutions : distanciel, petit groupe, grand groupe
En distanciel
Elle passe en visio sans adaptation majeure, les auteurs le disent eux-mêmes. Écriture seul, caméra allumée, cinq minutes. Sous-salles de trois pour le partage et l'entraide. Plénière dans la salle principale, avec les pistes inspirantes collées dans la conversation. Prévoyez une minute de plus pour les bascules.
L'hybride, avec une partie des participants en salle et d'autres à distance, non : les trios mixtes ne se forment pas, et ceux qui sont à distance deviennent spectateurs. C'est le pire des deux mondes (voir animer en hybride).
Avec un petit groupe
À trois, un seul trio, et le facilitateur ne s'y joint que s'il n'a rien d'autre à tenir. À deux, un binôme fonctionne : chacun aide l'autre à préciser sa piste.
Pour un CODIR, la structure a un intérêt particulier : chaque directeur cherche ce qu'il peut faire dans sa propre direction, sans attendre la décision collective, et les autres vérifient que c'est bien à sa main.
Avec un grand groupe
Au-delà de 50, la structure tient : chacun écrit, les trios se forment avec les voisins, et un facilitateur pour 20 à 30 personnes circule pour aider les trios qui décrochent. Il vous faut un micro et un chronomètre projeté. La plénière se réduit à trois ou quatre voix. Pour garder une trace, faites écrire chaque piste sur un post-it que chacun colle en sortant, sur un mur regroupé par thème : on voit d'un coup d'œil où l'énergie se concentre. Au rendez-vous suivant, un 1-2-4-Tous sur la question « quelles pistes vont ensemble ? » relie les gestes voisins, comme le conseillent les auteurs, et avec une équipe qui a déjà pratiqué, commencez par demander ce que chacun a fait de ses 15 %.
Pour aller plus loin que les 15 % Solutions
Méthodes liées
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Méthode · Débutant
Troika Consulting
La Troika Consulting met les gens par trois : un client expose un défi, deux consultants en parlent pendant qu'il leur tourne le dos. En 30 à 45 minutes.
Repère
Cahier de concrétisation : passer de l'idée à l'action après un atelier
Le cahier de concrétisation est le carnet que chacun remplit pendant un atelier ou une formation : ce que je retiens, ce que je teste lundi, une action à 72 h.
Méthode · Intermédiaire
Atelier TRIZ
L'atelier TRIZ fait lister tout ce qui garantirait le pire, repérer ce qu'on fait déjà qui y ressemble, puis décider ce qu'on arrête, en 45 à 90 minutes.
Méthode · Débutant
1-2-4-Tous
Le 1-2-4-Tous fait réfléchir chacun seul, puis à deux, puis à quatre, avant la plénière : 20 à 45 minutes pour faire parler tout le monde sur une question.
Situations où ça sert
- Animer un grand groupe de 100 personnes et qu'il en sorte quelque chose
- Le plan d'action après séminaire : repartir avec du concret et que ça tienne le lundi d'après
Insuffle Académie
Apprendre à l'animer
Insuffle Académie forme les facilitateurs internes en 3 jours, 80 % de pratique. Les outils, c'est 10 % du sujet.
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