Méthode · Harrison Owen, 1985
Forum ouvert
Le forum ouvert réunit 20 à 300 personnes en cercle, sans ordre du jour : les participants proposent les sujets et s'y répartissent. Déroulé, ratio, pièges.
Le forum ouvert est une méthode d'animation de grand groupe où les participants fabriquent eux-mêmes le programme : on arrive avec une seule question, sans ordre du jour, et chacun propose les sujets qu'il veut travailler. Il sert à faire produire 20 à 300 personnes sur un sujet qui les concerne vraiment, en une journée, avec des comptes rendus écrits à la fin. C'est le format qu'on propose à une direction qui dit « je ne veux pas leur imposer les thèmes, je veux savoir ce qu'ils ont dans la tête ».
À quoi sert vraiment le forum ouvert
Harrison Owen a inventé ce format en organisant des conférences : il avait remarqué que les vraies conversations se tenaient pendant les pauses café, pas dans les salles. Il a donc construit un événement qui ne serait que des pauses café, avec un cadre pour que ça produise quelque chose. Les gens travaillent sur ce qui les intéresse, avec ceux que ça intéresse aussi, et ils écrivent ce qu'ils en tirent.
Le problème que ça résout, un client me l'a résumé en préparant une journée pour 80 à 90 personnes : « Le plus dur, c'est pas le matin, c'est l'après-midi. » Le matin, tout le monde tient. L'après-midi, avec des ateliers thématiques choisis par la direction, l'énergie tombe. Ici, l'après-midi appartient aux participants : les sujets sont les leurs, et personne ne les retient dans une session qui ne lui apporte rien.
L'autre usage, c'est quand on ne connaît pas les sujets. Une direction sait qu'il faut parler de la réorganisation, mais pas ce qui coince sur le terrain. Si elle écrit elle-même les six thèmes d'atelier, elle obtiendra six réponses à ses propres questions. Avec ce format, elle obtient les quinze questions que les gens se posent vraiment.
Il sert enfin à créer un collectif là où il n'y en a pas : deux entités qui viennent de fusionner, des sites qui ne se croisent qu'en visio. Choisir un sujet et le travailler avec des inconnus qui l'ont choisi aussi crée plus de lien que n'importe quel jeu. C'est l'une des méthodes qu'on retient pour animer un grand groupe qui doit produire, et l'une des rares qui tient une journée entière sans s'essouffler.
Quand ne pas utiliser le forum ouvert
- La décision est déjà prise. Si la direction sait déjà ce qu'elle va faire, laisser 100 personnes proposer des sujets pendant une journée est la meilleure façon de leur faire comprendre qu'on se moque d'eux. Ils le sentiront dès la place du marché.
- Le commanditaire a déjà la liste des sujets. Un forum où les thèmes sont préparés « pour amorcer » n'est plus un forum. Si vous avez vos six thèmes, faites des ateliers thématiques, ou le déroulé du World Café sur une seule question.
- Vous avez moins de 20 personnes. Sous ce seuil, il n'y a pas assez de sujets pour ouvrir plusieurs sessions en parallèle, et la loi des deux pieds n'a nulle part où aller.
- Vous avez moins d'une demi-journée. Il faut une ouverture, une place du marché, au moins deux créneaux de sessions et une clôture. En deux heures, vous aurez fait l'ouverture et frustré tout le monde.
- Le sujet est non négociable, ou le conflit est ouvert. Ce format donne la parole à tout le monde sur tout. Si certaines réponses sont interdites, ou si deux clans sont prêts à en découdre, traitez ça d'abord, dans un cadre plus tenu.
Les questions qu'on nous pose sur le forum ouvert
Comment animer un forum ouvert ?
En cercle, sans tables, avec une seule question affichée en grand, et en tenant l'espace plutôt que le contenu. Le facilitateur ouvre en 30 à 45 minutes maximum : il lit la question, explique les quatre principes et la loi des deux pieds, montre comment la place du marché fonctionne. Ensuite il se tait. Les participants proposent leurs sujets, les placent sur la grille des créneaux, et vont travailler. Le facilitateur circule, sonne les fins de créneaux, vérifie que chaque session laisse un compte rendu écrit, et rouvre le cercle pour clôturer. Le reste, c'est de la préparation : 70 à 80 % de la réussite se joue avant.
Pourquoi un forum ouvert en fait ?
Parce que vous ne connaissez pas les sujets, et que ce sont les gens qui les ont. C'est la question exacte qu'une cliente m'a posée en cadrage, un peu méfiante, et je la trouve saine. Elle avait déjà fait des séminaires à ateliers, thèmes choisis par le comité de direction, et elle en tirait des plans d'action que personne ne remplissait. Le forum inverse la logique : les thèmes travaillés sont ceux des participants, et ils écrivent eux-mêmes ce qui en sort. Si vous savez déjà de quoi il faut parler, ce n'est pas la bonne méthode.
Open space technology et forum ouvert, la méthode est-elle la même ?
Oui, c'est le même format. Open space technology, ou OST, est le nom d'origine donné par Harrison Owen en 1985 ; forum ouvert est la traduction qui s'est imposée en France. Les règles sont identiques : une question, un cercle, une place du marché où les participants proposent les sujets, des sessions en parallèle, la loi des deux pieds, une clôture en cercle. Seule précaution : « open space » évoque parfois un plateau de bureaux, dites-le dans l'invitation.
Un forum ouvert à 100 personnes, ou 250 managers, c'est faisable ?
Oui pour les deux, et 100 personnes est même la zone où ce format est le plus confortable. Une direction m'a demandé s'il tenait pour 250 managers sur une journée. Oui, à trois conditions. La salle : un cercle de 250 chaises est immense, on passe à deux ou trois cercles concentriques, avec un micro. Les espaces : à 250, comptez 15 à 20 sujets par créneau, donc autant d'espaces identifiés, salles annexes ou bouts de couloir. La récolte : 40 à 60 comptes rendus sur la journée, ça ne se compile pas à la main le soir même, il faut une équipe qui saisit au fil de l'eau.
Combien de facilitateurs, et peut-on co-animer avec une équipe interne ?
Un facilitateur pour 20 à 30 personnes, 2 à 3 pour 45, 3 pour 50 à 60. Et oui, une partie de l'équipe peut être interne. Une cliente me demandait si elle devait prévoir « quelqu'un qui serait là aussi, s'il faut deux animateurs » : la bonne réponse, c'est des personnes clés de la maison, briefées une heure avant. Elles tiennent la logistique : mur, grille, cloche, collecte des feuilles. L'ouverture et la clôture restent au facilitateur principal, qui n'a aucun intérêt dans le contenu. Une précaution, dite par une dirigeante en cadrage : « il ne faut pas que je sois conceptrice du truc, parce que j'ai besoin de contribuer ». Qui veut porter un sujet ne co-anime pas. Il participe.
La loi des deux pieds, ça marche vraiment en entreprise ?
Oui, à condition de l'annoncer avec conviction. La règle dit : si vous n'apprenez rien et n'apportez rien là où vous êtes, levez-vous et allez ailleurs. Devant une salle de cadres, il y a toujours un silence gêné : personne ne quitte une réunion en entreprise. Puis, au deuxième créneau, une ou deux personnes se lèvent, et ça se débloque. Présentée comme une option timide, elle ne sera pas utilisée, et les sessions deviendront des réunions où l'on reste par politesse. Le vrai test, c'est un directeur qui change de session sans que personne ne s'en offusque.
Que faire des gens qui papillonnent sans s'engager ?
Rien, ou presque. Harrison Owen a nommé ces deux profils : les bourdons, qui butinent de session en session, et les papillons, qui se posent en dehors de tout et discutent au bar. Les deux ont leur place. Le bourdon transporte des idées d'une session à l'autre, et fait souvent le lien entre deux sujets qui se rejoignent. Le papillon crée les conversations de couloir qu'on cherchait à provoquer. Le seul cas gênant, c'est celui qui papillonne parce que rien ne le concerne : la question de départ était à côté, ou l'invitation n'était pas claire. On ne le rattrape pas le jour même, on l'écoute au débrief.
Comment on repart avec quelque chose ?
Avec les comptes rendus des sessions, envoyés à tous sous 48 heures, et un temps de décision dans la semaine. Un client m'a dit, en parlant d'une journée précédente : « au bout de la journée, il y a rien ». Ce risque se traite avant, en cadrage. Chaque session laisse une feuille A3 : le sujet, les présents, ce qui s'est dit, ce qui est proposé. La clôture demande à chacun ce qu'il retient et ce qu'il va faire. Puis la direction tranche : ce qu'on lance, ce qu'on ne fait pas, qui porte. Pour ça, la décision par consentement est le bon outil : elle permet de décider vite sur des propositions venues du terrain, sans vote. Sans ce temps-là, vous aurez fait une belle journée et rien d'autre.
Le déroulé du forum ouvert, minute par minute
Calé sur 60 personnes, une journée, trois facilitateurs dont deux internes, six espaces de sessions. Adaptez les créneaux au nombre de sujets, pas la structure.
| Temps | Ce qui se passe | Ce que fait le facilitateur |
|---|---|---|
| 9 h 00 à 9 h 15 | Inclusion en cercle : chacun dit en une phrase où il en est face à la question du jour | Pose la question d'inclusion, tient le tour, ne commente pas |
| 9 h 15 à 9 h 45 | Ouverture : la question affichée, les quatre principes, la loi des deux pieds, le fonctionnement de la place du marché | Explique avec conviction, montre la grille et le mur, s'arrête à 45 minutes maximum |
| 9 h 45 à 10 h 15 | Place du marché : ceux qui ont un sujet se lèvent, l'écrivent sur une A3, le lisent au cercle, le collent sur la grille dans un créneau et un espace | Attend le premier volontaire sans remplir le silence, aide à placer les feuilles, regroupe les doublons si les porteurs sont d'accord |
| 10 h 15 à 11 h 30 | Créneau 1 : six sessions en parallèle, le porteur ouvre et fait noter | Circule, n'intervient pas sur le fond, rappelle aux porteurs de prendre des notes |
| 11 h 30 à 12 h 45 | Créneau 2 : la mobilité entre sessions commence, certains papillonnent | Sonne la fin du créneau 1, récupère les feuilles, les affiche au mur des comptes rendus |
| 12 h 45 à 14 h 00 | Déjeuner, sans programme : les conversations continuent | Vérifie que les comptes rendus du matin sont lisibles, fait saisir ce qui l'est mal |
| 14 h 00 à 15 h 15 | Créneau 3 : nouveaux sujets possibles, nés des sessions du matin | Rouvre la grille aux sujets neufs, sonne le début et la fin |
| 15 h 15 à 15 h 45 | Consolidation : les porteurs finalisent leur feuille, tout est au mur, chacun lit ce qui l'intéresse | Vérifie que chaque session a une feuille, avec le sujet, les présents et les propositions |
| 15 h 45 à 16 h 30 | Clôture en cercle : chacun dit ce qu'il retient et ce qu'il va faire, sans ordre hiérarchique | Tient le tour, ne synthétise pas, ne hiérarchise pas |
| 16 h 30 à 17 h 00 | La suite : le commanditaire dit ce qui se passe à 48 heures, une semaine, trois semaines, et qui décide | Cadre le temps du commanditaire, remercie, arrête à l'heure |
Ce que vous dites, mot pour mot, pendant le forum ouvert
Ce sont les consignes telles qu'on les donne dans le cercle, à garder dans la poche. Le forum se joue sur l'ouverture : après, vous vous taisez.
À l'inclusion. « Avant d'ouvrir, une phrase chacun : face à la question du jour, où en êtes-vous ce matin ? On écoute, personne ne commente. »
À l'ouverture. « Il n'y a pas d'ordre du jour : il y a une question, elle est affichée là, et c'est vous qui allez écrire le programme. Une loi, celle des deux pieds : si vous n'apprenez rien et n'apportez rien là où vous êtes, levez-vous et allez ailleurs. Ce n'est pas impoli, c'est la règle. »
À la place du marché. « Qui a un sujet ? Vous vous levez, vous l'écrivez en gros sur une A3, vous le lisez au cercle en une phrase, et vous le collez sur la grille : un créneau, un espace. Vous en êtes le porteur. »
Au silence qui suit. « Je ne proposerai aucun sujet. Je vous attends. »
Au lancement des sessions. « Porteurs, vous ouvrez votre session et vous faites prendre des notes. Une feuille par session : le sujet, qui était là, ce qui s'est dit, ce qui est proposé. Je passe, je ne donne pas mon avis sur le fond. »
À la cloche. « Fin du créneau. Les porteurs me donnent leur feuille, je l'affiche au mur des comptes rendus, et le créneau suivant commence : regardez la grille. » Et l'après-midi, quand la grille rouvre : « Si un sujet est né ce matin dans une session, c'est maintenant qu'il s'ouvre : une A3, la grille, un espace. »
À la consolidation. « Porteurs, vous finissez votre feuille : le sujet, les présents, les propositions. Tout est au mur. Les autres, allez lire ce qui vous intéresse. »
À la clôture. « On se rassoit en cercle. Une phrase chacun : ce que vous retenez, et ce que vous allez faire. Pas d'ordre, pas de hiérarchie, et je ne synthétise pas. » Puis vous donnez la parole au commanditaire, et vous ne la reprenez que pour arrêter à l'heure.
Avant le forum ouvert : ce qu'on prépare
La question, avant tout. Elle doit être ouverte, assez large pour faire naître dix à vingt sujets, assez précise pour qu'on sache de quoi on parle, et assez dérangeante pour donner envie de se lever. « Comment mieux travailler ensemble ? » ne donnera rien : tout le monde a une réponse polie. « Qu'est-ce qui nous empêche, aujourd'hui, de faire ce qu'on a décidé en janvier ? » donnera vingt feuilles A3. Une question à laquelle le groupe doit réussir à répondre. Il n'en faut pas plusieurs, il en faut une, et c'est la plus dure à trouver.
L'invitation ensuite. Le plus dur à faire, c'est le message d'invitation. Il doit dire pourquoi on se réunit, quelle question on va travailler, qu'il n'y a pas d'ordre du jour et que ce sont les participants qui le feront, et ce qui sera fait de ce qui sort. Pas d'effet de surprise : qui découvre le matin même qu'on attend un sujet de lui n'en proposera pas.
Le cadrage avec le commanditaire, deux à trois fois une heure, et souvent plus. Certaines questions peuvent faire dire non : qu'est-ce qui va changer après cette journée, qui décide, dans quel délai ? Les participants ont-ils vraiment le droit de parler de tout ? Y a-t-il des sujets tabous ? Qui n'est pas invité, et pourquoi ? Si le commanditaire veut contrôler ce qui sortira, arrêtez-vous là.
La salle. Un cercle de chaises sans tables, c'est non négociable : le cercle dit que personne n'est plus important que les autres, une table dit le contraire. Un grand mur visible de partout, pour la grille et les sujets. Autant d'espaces de sessions que de sujets simultanés, nommés et affichés sur un plan.
Le matériel : des feuilles A3, trois par participant ; de gros marqueurs ; de l'adhésif ; la question imprimée en très grand ; la grille créneaux x espaces déjà tracée ; une cloche.
Un temps d'inclusion pour ouvrir, avant même les principes : un quart d'heure où chacun dit, en une phrase, où il en est face à la question. Ça donne la permission de parler, et la place du marché ne démarre pas à froid.
Après le forum ouvert : le lundi d'après
Le forum produit une pile de feuilles A3 et un cercle de gens qui ont dit ce qu'ils allaient faire. Le lundi d'après, cette matière est chaude ; trois semaines plus tard, elle est froide et le doute s'installe.
Dans les 48 heures, le rapport part à tous les participants : chaque compte rendu tel qu'il a été écrit, sans embellissement, avec le nom du sujet et celui du porteur. C'est la trace, et c'est la promesse faite en ouverture.
Dans la semaine, un temps de décision. Le commanditaire, ou un petit groupe qu'il mandate, passe les propositions et dit ce qu'on lance, ce qu'on ne fait pas, et pourquoi. Les gens acceptent un non expliqué, pas le silence. Une demi-décision égale un bordel au carré.
À trois semaines, un premier point sur ce qui a démarré, envoyé à tous. Les porteurs de sujets retenus sont les premiers relais. Puis un débrief à froid avec le commanditaire, à 15 ou 30 jours : qu'est-ce qui a tenu, qu'est-ce qui s'est étiolé. C'est là qu'on sait si la journée a servi, et c'est ce qu'il faut regarder quand on veut que ça tienne le lundi d'après.
Les pièges du forum ouvert, vus en vrai
Le silence de la place du marché. Quand le facilitateur demande les premiers sujets, il y a toujours trente à soixante secondes où rien ne se passe. Un facilitateur qui débute panique et propose un sujet lui-même. Il faut se taire. Le premier qui se lève en entraîne dix.
L'ordre du jour « pour amorcer ». Un commanditaire inquiet demande à glisser quatre sujets préparés sur la grille, au cas où. Dès que les participants les voient, ils comprennent que le jeu est truqué et ils proposent moins. S'il faut amorcer, c'est que la question ou l'invitation n'a pas fait son travail.
L'ouverture qui n'en finit pas. Un facilitateur qui aime expliquer tient le cercle pendant une heure et quart : historique, principes, anecdotes. Au bout de 45 minutes, la salle décroche. L'énergie doit aller dans les sessions, pas dans l'introduction.
Le facilitateur qui entre dans une session. Il passe, entend une bêtise, et rectifie. À partir de là, cette session attend son avis sur tout. Tenir l'espace veut dire circuler, sonner, collecter. Jamais donner son avis sur le fond, même si on l'a.
Les tables qui reviennent. L'hôtel installe des tables rondes « pour le confort ». Les gens s'assoient par service, restent assis, et la journée ressemble à toutes les autres. Faites-les enlever, même si ça prend une demi-heure.
La belle journée sans suite. Les gens sont partis contents, les A3 sont dans un carton, et personne n'a dit ce qu'on faisait des propositions. Trois semaines après, le carton est toujours là. Si rien n'est prévu à 48 heures et à une semaine, ne faites pas le forum.
Adapter le forum ouvert : distanciel, petit groupe, grand groupe
En distanciel
Ne le faites pas en visio. Le forum ouvert tient sur un cercle, un mur et des gens qui se lèvent ; à distance, la place du marché devient une liste dans un chat et la loi des deux pieds un bouton « quitter la salle » que personne ne clique. L'hybride, une partie en salle et l'autre à l'écran, c'est le pire des deux mondes : ceux qui sont loin ne voient ni la grille ni le cercle.
Si le groupe ne peut pas être réuni, gardez ce qui fait la valeur du format, les sujets choisis par les participants, sans le format lui-même : demandez les sujets par écrit avant, ouvrez trois ou quatre sous-salles sur ceux qui reviennent, et faites une clôture en plénière où chacun dit ce qu'il retient. Ce n'est plus un forum ouvert. C'est déjà mieux que des thèmes imposés.
Avec un petit groupe
Entre 20 et 30 personnes, le format tient, avec deux ou trois espaces, et c'est là que la demi-journée avec convergence intégrée rend service. Trois heures et demie : quinze minutes d'inclusion, vingt minutes d'ouverture, une place du marché resserrée, deux créneaux de 45 minutes, puis un cercle de clôture suivi d'un temps où le commanditaire dit à chaud ce qu'il retient et ce qui sera tranché dans la semaine. On perd le troisième créneau, celui où naissent les sujets qu'on n'attendait pas. On gagne un format qui tient dans un après-midi et finit sur un engagement pris devant tout le monde. Cette version courte sert aussi quand un World Café ne prend pas : on garde la question, on demande à la salle quels sujets elle veut ouvrir, et on bascule.
Sous 20, il n'y a pas assez de sujets pour des sessions en parallèle. Gardez la place du marché et laissez tomber le parallèle : le groupe propose ses sujets, on les colle au mur, et on les traite les uns après les autres, tous ensemble. Ce n'est plus un forum ouvert, mais les sujets restent ceux des participants. Sous 12, c'est une réunion : une question, un tour de parole, et la décision par consentement si quelque chose doit être tranché.
Avec un grand groupe
Au-delà de 50, ce n'est pas la structure qui casse, c'est la logistique. À 100, le format est dans sa zone de confort, à condition qu'une équipe interne, briefée une heure avant, tienne le mur, la grille, la cloche et la collecte des feuilles, et qu'il y ait autant d'espaces de sessions que de sujets simultanés, nommés sur un plan.
À 250, trois choses changent. La salle : un cercle de 250 chaises est immense, on passe à deux ou trois cercles concentriques, avec un micro. Les espaces : comptez 15 à 20 sujets par créneau, donc autant d'espaces identifiés, salles annexes ou bouts de couloir. La récolte : 40 à 60 comptes rendus sur la journée, ça ne se compile pas à la main le soir même, il faut une équipe qui saisit au fil de l'eau. Et l'ouverture reste sous 45 minutes, micro ou pas : à 250, la salle décroche encore plus vite qu'à 60.
Pour aller plus loin que le forum ouvert
Méthodes liées
Méthodes liées
Méthode · Débutant
World Café
Le World Café fait tourner un grand groupe entre des tables de 4 à 5, sur une seule question, en 90 minutes à 3 heures, pour faire parler tout le monde.
Méthode · Intermédiaire
Décision par consentement
La décision par consentement adopte une proposition dès que personne n'a d'objection argumentée, en 20 à 90 minutes. Le format d'un CODIR qui doit trancher.
Méthode · Débutant
Temps d'inclusion
Le temps d'inclusion ouvre un atelier ou une réunion : chacun dit où il en est face au sujet du jour, sans commentaire. 15 à 30 min, à la place de l'icebreaker.
Le forum ouvert ou…
Situations où ça sert
- Animer un grand groupe de 100 personnes et qu'il en sorte quelque chose
- Créer un collectif après une fusion, entre sites ou dans un consortium
- Le plan d'action après séminaire : repartir avec du concret et que ça tienne le lundi d'après
Insuffle Académie
Apprendre à l'animer
Insuffle Académie forme les facilitateurs internes en 3 jours, 80 % de pratique. Les outils, c'est 10 % du sujet.
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On l'anime pour vous
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