Méthode · Débutant

Brainwriting 635

Le brainwriting 635 fait écrire six personnes en silence, trois idées par tour de cinq minutes, puis la feuille tourne : des idées sans les voix fortes.

  • Durée1 h à 1 h 30
  • Participants4 à 30
  • NiveauDébutant
  • Formatprésentiel, distanciel

· 13 min de lecture

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La salle vue de dessus. Disposition de la salle pour le brainwriting 635Deux tables rondes de six places au centre de la salle, une grille et un feutre à chaque place, un mur de tri au fond où la question est écrite, le facilitateur debout sur le côté et un minuteur visible de tous.mur de tri : la question en haut, les idées regroupées dessous12facilitateur, il tient le silenceà chaque place : une grille de 3 × 6 cases, un feutre finminuteur visibleune chaisel'élément clésix par table, chacun passe sa grille à droitepersonne ne parle pendant les six tours
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Le brainwriting 635 est une séance d'idées sans parole : six personnes écrivent chacune trois idées en cinq minutes, puis passent leur feuille au voisin, qui lit et ajoute trois idées de plus, pendant six tours. Il sert quand un groupe de 4 à 7 personnes doit produire beaucoup d'idées sur une question précise, sans que les plus rapides à l'oral imposent les leurs. C'est l'outil qu'on sort pour une équipe où ce sont toujours les trois mêmes qui parlent, ou pour un comité de direction qui se censure devant son patron.

À quoi sert vraiment le brainwriting 635

Vous connaissez la séance : un paperboard, un feutre, « allez-y, lancez vos idées ». La première idée dite à voix haute donne la direction, les suivantes la complètent. Au bout d'une heure, le tableau est plein, et la plupart des idées viennent de deux personnes. Les autres ont approuvé, puis décroché.

Le 635 retire la parole de la phase de production. Ce ne sont plus les gens qui circulent, ce sont les feuilles. Chacun commence seul, sur sa grille, avant d'avoir entendu qui que ce soit. Puis la grille passe à droite, et le suivant repart de ce qu'il lit : il prolonge, il détourne, ou il part ailleurs. Six tours plus tard, chaque idée de départ a été lue et travaillée par tout le monde autour de la table.

Le nom de la méthode décrit sa mécanique : 6 personnes, 3 idées, 5 minutes. Au bout de six tours, une table peut sortir jusqu'à 108 idées en une demi-heure. Ce chiffre n'est pas l'objectif. Il dit surtout deux choses : personne ne reste passif, et aucune idée ne se perd parce que personne ne l'a notée. La méthode a été formalisée par un consultant allemand, Bernd Rohrbach, à la fin des années 1960, avec une intention simple : cadrer la production d'idées par des règles, au lieu de compter sur la spontanéité d'une réunion.

Ce qu'elle corrige, ce sont trois mécanismes que tout facilitateur a vus. Le premier : le temps de parole n'est jamais partagé, et à l'écrit chacun a la même feuille et les mêmes cinq minutes. Le deuxième : l'ancrage, cette tendance d'un groupe à creuser le sillon de la première idée entendue. Le troisième : la peur du jugement, qui fait taire une idée fragile avant qu'elle soit dite. Une idée écrite sur une grille, au milieu de quinze autres, ne s'expose pas de la même façon.

Ne la confondez pas avec le brainstorming en version réparée, où chacun écrit seul avant une mise en commun orale. Là-bas, chacun produit ses propres idées, et le rebond se fait à voix haute. Ici, le rebond se fait par écrit, sur les idées des autres, et personne ne parle avant la fin des six tours. C'est la différence qui compte : le 635 fait construire les gens les uns sur les autres sans jamais leur donner la parole. Il est plus lent à installer, plus contraint, et il produit plus.

Ce que la méthode ne fait pas, c'est décider. Elle ouvre un champ, elle ne tranche rien. Une centaine d'idées brutes n'est pas un résultat, c'est une matière première. Le tri vient après, avec un vote par gommettes ou une matrice impact effort, puis une décision de celui qui décide. Et si le groupe a déjà ses idées mais ne s'accorde pas sur ce qu'il construit, la product box force l'arbitrage que les grilles ne font pas. L'article d'Insuffle sur la méthode 635 et ses variantes détaille aussi le pool et la version inversée.

En comité de direction, elle a un usage que l'on oublie : faire écrire chacun, seul et en silence, sur une question sensible, avant toute discussion. Des positions qui ne seraient jamais dites devant le directeur général sortent sur la grille. C'est une des réponses les plus simples quand un dirigeant veut faire parler tout le monde en réunion, et pas seulement ceux qui ont l'habitude.

Quand ne pas utiliser le brainwriting 635

  • Il faut choisir entre des options déjà sur la table. Si le groupe hésite entre deux scénarios, sortir des grilles recrée de la divergence là où il faut converger. Passez directement à un outil de priorisation et à une décision.
  • Le groupe ne connaît pas le sujet. Les idées circulent et orientent les suivantes : une personne mal informée pèse sur toute la table. Sur un sujet technique, un groupe compétent de cinq vaut mieux qu'un groupe nombreux.
  • Un conflit bloque l'équipe. Produire des idées en silence ne règle rien. Le désaccord réapparaîtra à la première décision. On traite d'abord la relation, les idées viendront ensuite.
  • Personne n'a prévu le tri ni la décision. Des grilles pleines rangées dans un tiroir abîment la confiance : les participants retiennent qu'on a pris leurs idées pour rien. Mieux vaut ne pas lancer la séance.

Les questions qu'on nous pose sur le brainwriting 635

Comment animer un brainwriting ?

Une question écrite en haut de chaque grille, des tables de six, cinq minutes par tour, un silence complet, puis un tri. Vous lisez la question deux fois, vous montrez la grille (trois colonnes, six lignes), et vous annoncez la seule règle qui compte : personne ne parle avant la fin du sixième tour. Au signal, chacun écrit trois idées sur la première ligne. Toutes les cinq minutes, les feuilles passent au voisin de droite, qui lit tout ce qui est déjà écrit avant d'ajouter trois idées sur la ligne suivante. Après six tours, chaque grille revient à son auteur, on lit, on trie, on vote. Comptez une heure à une heure et demie pour le cycle complet.

Qu'est-ce que la méthode 635, exactement ?

Le format le plus connu du brainwriting, et le plus contraint. Six participants, trois idées chacun par tour, cinq minutes par tour, six tours. La grille fait donc dix-huit cases, et chacun remplit une ligne de chaque grille. Les chiffres sont un point de départ, pas une loi : à quatre, vous obtenez une quarantaine d'idées, à sept, près de cent cinquante. Si les feuilles se remplissent trop vite, allongez le tour à sept ou huit minutes plutôt que de forcer le rythme.

Brainwriting ou brainstorming : lequel choisir ?

Le brainwriting quand vous voulez du volume et que la hiérarchie pèse dans la salle. Le brainstorming, dans sa version où l'on écrit seul avant de mettre en commun, quand le groupe est plus grand, qu'il a besoin d'entendre les idées à voix haute, ou que vous n'avez que quarante-cinq minutes. Le premier est plus équitable et plus productif, le second plus vivant. Les deux se complètent : un 635 pour ouvrir, un tour de parole pour creuser les trois idées qui sortent du vote.

Le brainwriting à distance, ça marche ?

Oui, et plutôt bien, parce que l'écriture silencieuse est naturelle devant un écran. On parle parfois de brain-netting. Un tableau blanc partagé, une colonne par personne, et à chaque tour chacun passe à la colonne suivante. La difficulté n'est pas l'outil, c'est de tenir le silence : à distance, les commentaires arrivent par le chat. Coupez-le pendant la production.

Combien de participants, et combien de temps ?

De 4 à 7 par table, six idéalement. En dessous, le volume baisse ; au-dessus, la rotation des feuilles devient pénible et les derniers tours se font sur des grilles pleines. Avec plus de monde, faites plusieurs tables en parallèle sur la même question. La production dure une demi-heure ; avec le cadrage avant et le tri après, qui prend autant de temps que la production, comptez 60 à 90 minutes.

Les idées se répètent d'une grille à l'autre : c'est grave ?

Non, c'est un signal. Une idée qui revient sur quatre grilles sans que personne se soit concerté, c'est une idée que le groupe porte. Au tri, on la regroupe, on la compte, et on la garde en tête de liste. Ce qui est plus inquiétant, c'est une grille où les six lignes disent la même chose : la question était trop étroite, ou le premier auteur a donné une piste si forte que les suivants n'ont fait que la recopier.

Faut-il un facilitateur ?

Pas pour un atelier simple entre collègues, où un membre du groupe peut tenir le temps. Dès que le sujet est sensible, ou que la personne qui anime est aussi concernée par la question, oui. On ne peut pas à la fois écrire ses idées et garantir le silence et le rythme des autres. En comité de direction, prenez quelqu'un qui ne participe pas.

Le déroulé du brainwriting 635, minute par minute

Ce déroulé est calé sur 12 personnes, deux tables de six, une question, un facilitateur, 75 minutes. Adaptez les durées, pas l'ordre : le silence d'abord, la parole seulement au tri.

TempsCe qui se passeCe que fait le facilitateur
0 à 10 minCadre : la question lue deux fois, la grille montrée, la règle du silence, qui décide après la séanceÉcrit la question en haut de chaque grille, montre un exemple de ligne remplie, dit qui tranchera
10 à 15 minTour 1 : chacun écrit trois idées sur la première ligne de sa grille, en silenceLance le minuteur, tient le silence, n'écrit rien lui-même
15 à 40 minTours 2 à 6 : toutes les cinq minutes, la grille passe au voisin de droite, qui lit tout puis ajoute trois idéesAnnonce chaque passage, rappelle de lire avant d'écrire, allonge le tour si les grilles bloquent
40 à 50 minLecture : chaque grille revient à son premier auteur, qui la lit en entier et entoure les deux idées les plus fortesAutorise la parole à nouveau, empêche le débat sur les idées, relance ceux qui hésitent
50 à 60 minTri : chaque table recopie ses idées entourées sur des post-its, les colle au mur, regroupe les doublons, écarte le hors-sujetRegroupe à voix haute avec les tables, nomme les familles, ne juge pas
60 à 70 minVote : trois gommettes par personne sur les idées regroupéesÉcrit la question du vote au-dessus du mur, fait coller tout le monde en même temps
70 à 75 minClôture : les une à trois pistes retenues, qui les porte, quand la décision tombeAnnonce la date de la décision, remercie, arrête à l'heure
La frise du déroulé du brainwriting 635Cadre (10 min), Tour 1 (5 min), Tours 2 à 6 (25 min), Lecture (10 min), Tri (10 min), Vote (10 min), Clôture (5 min)102315440550660775 min1Cadre · 10 min2Tour 1 · 5 min3Tours 2 à 6 · 25 min4Lecture · 10 min5Tri · 10 min6Vote · 10 min7Clôture · 5 minPhases proportionnelles à leur durée. En jaune : la phase qui fait la différence.
Le déroulé sur une ligne de temps. PDF A4 · PNG
La rotation des grilles en trois étatsÉtat 1 : chacun écrit trois idées sur sa propre grille, en silence. État 2 : toutes les cinq minutes, chaque grille passe au voisin de droite, qui lit tout avant d'ajouter trois idées, pendant six tours. État 3 : les grilles reviennent à leur auteur, puis les idées entourées vont au mur pour le tri et le vote.1. Tour 1 : chacun sa grilletrois idées, cinq minutes, en silence2. La grille passe à droiteon lit tout, on ajoute trois idées, six tours3. Retour, puis tri au murle mur de triles idées entourées au mur, puis trois gommettes
Le mouvement des personnes. PDF A4 · PNG

Ce que vous dites en salle, pendant le brainwriting 635

Une proposition de consignes, phase par phase. Dites-les avec vos mots : ce qui compte, c'est l'ordre, et ce qu'elles interdisent.

Au cadre. « Une seule question, elle est écrite en haut de votre grille. Je la lis deux fois. Pendant trente minutes, personne ne parle, moi compris. À la fin, on trie, et la décision revient à la direction. »

Au premier tour. « Cinq minutes. Trois idées, une par case, sur la première ligne. Des phrases courtes, lisibles par votre voisin. Les idées bizarres aussi. »

Au passage. « Grille au voisin de droite. Lisez tout ce qui est écrit avant d'écrire. Vous pouvez prolonger une idée, la détourner, ou partir ailleurs. Toujours trois, toujours en silence. »

À la lecture. « Votre grille vous revient. Lisez-la en entier. Entourez les deux idées qui vous semblent les plus fortes, même si ce ne sont pas les vôtres. »

Au tri. « Chaque idée entourée va sur un post-it, puis au mur. On rapproche ce qui dit la même chose. On ne défend pas ses idées, on les range. »

Au vote. « Trois gommettes chacun. La question du vote est au-dessus du mur. Tout le monde se lève en même temps. »

À la clôture. « Voilà les pistes en tête. La décision sera prise à telle date, et vous saurez pourquoi les autres ne sont pas retenues. »

Quand ça dérape. Si quelqu'un commente à voix haute pendant un tour : « On garde ça pour le tri. Écrivez-le sur la grille. » Si les grilles se remplissent de la même idée : « On s'arrête. Je relis la question, et on repart au tour suivant. »

Avant le brainwriting 635 : ce qu'on prépare

La question d'abord. « Comment améliorer l'entreprise ? » produit du flou, trois fois dix-huit cases de flou. « Comment réduire de moitié le délai de traitement d'une commande ? » produit des idées qu'on peut tester. Une bonne question part d'une situation réelle et contient une contrainte. Testez-la sur deux collègues avant la séance : si leurs réponses sont molles, resserrez-la jusqu'à ce qu'elle appelle du concret.

Qui décide, ensuite. Faciliter n'est pas arbitrer : dites avant la séance qui tranchera, et quand. Un groupe qui ne sait pas ce que deviendront ses idées en écrit moins, et des plus prudentes.

Les grilles. Une par personne, préparée à l'avance : trois colonnes, six lignes, la question en haut, en gros. Numérotez les lignes, ça évite que deux personnes écrivent sur la même. Des feutres fins plutôt que des stylos bille, parce que la grille doit se lire au premier coup d'œil, et un minuteur que tout le monde voit. Un minuteur projeté au mur rythme les tours mieux qu'un téléphone posé sur la table.

La salle. Des tables de six, où chacun peut passer sa feuille à droite sans se lever. Un mur libre pour le tri. Si le directeur est dans la salle, installez-le à une table où ne se trouve pas son équipe directe, et dites-lui avant qu'il écrit comme les autres.

L'invitation. Envoyez la question avec elle. Ceux qui ont besoin de temps pour réfléchir arriveront avec des idées, et ce sont souvent ceux qu'on n'entend jamais en réunion.

Après le brainwriting 635 : le lundi d'après

Dans les 48 heures, la photo du mur, la liste des idées arrivées en tête et, si possible, une transcription des grilles partent à tous les participants. Telles qu'elles ont été écrites, sans réécriture.

Dans la semaine, la décision : ce qu'on teste, ce qu'on ne fait pas, et pourquoi. Une idée écartée sans explication est une idée que son auteur ne proposera plus. Une idée retenue sans porteur ni date n'est pas retenue.

À trois semaines, un point court, dans une réunion qui existe déjà, sur ce qui a démarré. Et le débrief à froid avec le commanditaire, à 15 ou 30 jours : les pistes retenues ont-elles bougé, ou sont-elles restées sur le mur ? Le détail de cette cadence est dans le plan d'action après séminaire.

Les pièges du brainwriting 635, vus en vrai

La question vague. C'est l'erreur la plus coûteuse, parce qu'aucune méthode ne rattrape un mauvais cadrage. Une question floue donne dix-huit idées floues par grille, et un tri impossible. Si vous ne savez pas la tester avant, ne lancez pas la séance.

Le silence rompu. Au troisième tour, quelqu'un lit une idée et lâche « ah, ça, on l'a déjà essayé ». La table s'arrête, deux personnes discutent, les autres attendent. L'effet de dominance est revenu, et le bénéfice de l'écrit s'est évaporé. Le facilitateur protège le silence pendant toute la production, sans exception, et renvoie le commentaire vers la grille.

Cent idées et aucune suite. Des grilles pleines, une belle photo, et personne ne trie. Beaucoup de séances s'arrêtent au moment où le vrai travail commence. Le tri et le vote ne sont pas un bonus si on a le temps : bloquez-les dans le déroulé avant tout le reste.

Le rythme forcé. Des tours de cinq minutes tenus au chronomètre alors que les grilles sont pleines au quatrième tour : les dernières lignes se remplissent de redites. La règle des cinq minutes n'est pas sacrée. Allongez un tour quand le groupe bloque, arrêtez à cinq tours quand il n'a plus rien à ajouter.

Le groupe qui ne connaît pas le sujet. Une personne mal informée écrit une fausse bonne idée au premier tour, et les cinq suivants la prolongent. Sur un sujet technique, composez les tables avec des gens qui savent de quoi ils parlent, et gardez les autres pour la phase de test.

Adapter le brainwriting 635 : distanciel, petit groupe, grand groupe

En distanciel

Ça marche très bien. Un tableau blanc partagé, une colonne par personne avec la question en tête, et à chaque tour, chacun passe à la colonne de droite. Micros coupés, chat coupé, minuteur à l'écran. Le tri se fait en sous-salles par table, puis le vote avec des pastilles sur le tableau. L'hybride, une table en salle et le reste à distance, jamais : c'est le pire des deux mondes (voir animer en hybride).

Avec un petit groupe

À quatre ou cinq, gardez la mécanique et réduisez les tours au nombre de participants : chacun écrit une fois sur chaque grille. À trois, le volume ne justifie plus les grilles. Faites écrire chacun seul, puis lire à tour de rôle sans commentaire, et triez ensemble.

Avec un grand groupe

Au-delà de 50, multipliez les tables de six sur la même question, avec trois facilitateurs pour 50 à 60 personnes. Le goulot, c'est le tri : chaque table fait remonter ses cinq meilleures idées, pas davantage. Pour un groupe qui supporte mal les tours chronométrés, passez au pool : chacun écrit ses idées sur des cartes, les dépose au centre de la table, et en pioche d'autres pour rebondir, à son rythme.

Pour aller plus loin que le brainwriting 635

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Participants
4 à 20
Niveau
Débutant
Format
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