Méthode · Débutant

Pecha kucha

Le pecha kucha impose 20 images de 20 secondes qui défilent seules : en séminaire, chacun dit l'essentiel en 6 min 40, et plus personne ne monopolise.

  • Durée30 min à 2 h
  • Participants4 à 80
  • NiveauDébutant
  • Formatprésentiel, distanciel

· 12 min de lecture

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La présentation qui endort la salle : ce que le pecha kucha empêche.

Le pecha kucha est un format de présentation à contrainte fixe : 20 images, 20 secondes chacune, qui défilent toutes seules, soit 6 minutes 40 par intervenant, sans retour en arrière. En séminaire ou en atelier, il sert à faire passer plusieurs personnes à la suite sur un temps égal, quand un tour de table ou une série de présentations menace de manger la matinée. C'est le format qu'on propose à une équipe de direction dont les tours de table s'éternisent, ou à un séminaire où chaque sous-groupe doit présenter son travail aux autres.

Disposition de la salle pour le pecha kuchaUn écran au fond de la salle, l'intervenant debout à côté de l'écran, le facilitateur sur le côté avec le chronomètre et l'ordre de passage, le public assis en deux rangs en arc de cercle face à l'écran, une feuille par personne pour noter.écran : les images défilent seules, 20 secondes chacunel'intervenant, deboutfacilitateur, chrono et ordre de passagele public en arc : on voit l'écran et on se voitune feuille par personne : ce que je retiens, une questionune chaisel'élément cléen jaune : l'intervenant, à côté de l'écran, sans pupitreun seul ordinateur pour tous les passages
La salle vue de dessus. PDF A4 · PNG

À quoi sert vraiment le pecha kucha

Le troisième intervenant de la matinée en est à sa trentième diapositive. Il avait un quart d'heure, il en a pris trente-cinq. Deux personnes lisent leurs mails, une troisième regarde l'horaire du déjeuner. Le sujet était bon. C'est le format qui l'a tué, et celui qui passe après lui aura dix minutes au lieu de quinze.

La règle vient de Tokyo. En 2003, deux architectes, Astrid Klein et Mark Dytham, ouvrent leur lieu à de jeunes designers qui viennent montrer leur travail, et cherchent un moyen d'éviter les présentations sans fin. Leur réponse : parler moins, montrer plus. Vingt images, vingt secondes par image, et c'est la machine qui avance. Le nom vient d'un mot japonais qui évoque le bruit d'une conversation, le bavardage. Le format a ensuite fait le tour du monde sous forme de soirées où les intervenants se succèdent.

Ce qui change tout, ce n'est pas le nombre d'images. C'est le défilement automatique. Personne ne reprend la main sur le rythme : l'image change toutes les vingt secondes, que la phrase soit finie ou non. Ni la bonne volonté ni un facilitateur qui lève la main n'obtiennent cette discipline. La machine, si.

En séminaire, ça produit trois effets. Le premier, et le plus utile pour un facilitateur : le temps de parole est le même pour tout le monde. Le directeur qui parle d'habitude vingt minutes a les mêmes 3 minutes 20 que la personne arrivée le mois dernier. Le format neutralise les jeux de statut sans que personne ait à les nommer. Le deuxième : il force la synthèse. En six minutes quarante, un seul message passe. Celui qui n'a pas compris son sujet se voit, celui qui l'a compris aussi. Le troisième : il déplace le temps long vers la discussion. Présenter six mois de travail en quarante-cinq minutes perd la moitié de la salle ; le présenter en six minutes quarante et garder vingt minutes de questions met le temps là où se prennent les décisions.

Cette fiche parle du format comme d'une séquence d'animation, pas comme d'une soirée de concours. Il n'y a ni jury ni meilleur orateur : il y a des gens qui disent l'essentiel à tour de rôle, et une salle qui écoute pour pouvoir discuter après. L'article d'Insuffle sur le pecha kucha et ses règles détaille la préparation côté présentateur.

Ce qu'il ne fait pas : décider. Il met à plat, vite et à égalité, ce que chacun a à dire. La décision vient après, dans le temps de discussion qu'il a libéré. C'est aussi une des façons de sortir de la réunionite quand le problème, ce sont les tours de table où chacun raconte sa semaine.

Carte mentale bleue autour de pecha kucha : 20 secondes fois 20 slides, 6 minutes et 40 secondes, susciter la curiosité, hyper synthétique, focus sur le message plus que la forme.
Vingt images, vingt secondes chacune : 6 minutes 40 pour dire l'essentiel.

Quand ne pas utiliser le pecha kucha

  • Le sujet réclame de la nuance ou une démonstration. Une formation technique, une démonstration d'outil, un sujet sensible qui demande de peser chaque mot : vingt secondes par image produisent une présentation frustrante pour tout le monde. Donnez-lui l'espace qu'il demande.
  • Les intervenants découvrent le format le jour même. Sans préparation, le défilement prend les présentateurs de vitesse dès la troisième image, et ils courent derrière leurs diapositives jusqu'à la fin. Pour les moins à l'aise à l'oral, c'est une épreuve publique.
  • Le moment doit servir à décider, pas à présenter. Une réunion de décision complexe gagne à garder un échange ouvert. Si le groupe connaît déjà les éléments, ne les lui faites pas présenter une deuxième fois, même vite.
  • Vous voulez un concours de présentations. Dès qu'il y a un classement, les participants préparent un spectacle au lieu d'un message, et ceux qui ne sont pas à l'aise se retirent. Ce format sert à écouter tout le monde, pas à départager.

Les questions qu'on nous pose sur le pecha kucha

Comment animer un pecha kucha en séminaire ?

Vous annoncez le format plusieurs semaines avant, avec une question commune à tous les intervenants. Vous rassemblez les fichiers la veille sur un seul ordinateur, défilement réglé. Le jour J, vous posez le cadre, vous tenez l'ordre de passage, vous enchaînez sans applaudissements interminables ni questions entre deux passages, et vous gardez un vrai temps de discussion à la fin. Pendant les passages, la salle note ce qu'elle retient et ce qu'elle veut demander. Placez la séquence en milieu de matinée, après un temps d'inclusion, quand l'attention est haute et que le groupe s'est déjà entendu parler.

Un tour de table en pecha kucha, ça donne quoi ?

Un tour de table qui tient en quarante minutes au lieu de deux heures. On raccourcit le format : dix images de vingt secondes, soit 3 minutes 20 par personne. Dix personnes passent en un peu plus d'une demi-heure, chacune avec le même temps, et l'énergie tient jusqu'au dernier. Donnez à tous la même question, par exemple ce qui a changé dans leur périmètre et ce qu'ils attendent des autres, sinon chacun fait son rapport d'activité.

Comment préparer un pecha kucha ?

En partant d'un seul message, écrit en une phrase avant d'ouvrir le logiciel. Ensuite, trois temps : trois ou quatre images pour poser le contexte, douze à quatorze pour le corps, trois ou quatre pour conclure. Vingt secondes, c'est environ cinquante à soixante mots dits : écrivez ce que vous direz sur chaque image, puis allégez, parce que le stress accélère le débit. Une image, une idée, jamais plus de dix mots à l'écran. Et répétez plusieurs fois avec le défilement automatique activé, pour de vrai. C'est l'étape qu'on saute et celle qui fait la différence.

Le format 20 x 20, c'est une règle absolue ?

Non, c'est la référence. Il existe des variantes : dix images de vingt secondes pour un tour de table, quinze pour cinq minutes, vingt images de trente secondes quand le sujet demande plus de développement. Ce qu'il faut garder, c'est le principe : un nombre d'images fixe, un défilement automatique, une durée identique pour tous. Pour une première fois en présentation seule, restez sur le 20 x 20 : c'est la contrainte maximale qui apprend le plus.

Combien de temps dure un pecha kucha ?

Six minutes et quarante secondes, exactement : vingt images multipliées par vingt secondes. Comme le défilement est automatique, la durée ne varie pas d'un intervenant à l'autre. C'est ce qui permet de caler huit passages sur un créneau et de savoir à la minute près quand commence la discussion.

Et ceux qui sont mal à l'aise à l'oral ?

Ils ont le plus à y gagner, à condition de ne pas les piéger. Annoncez le format tôt, laissez du temps pour préparer, proposez une répétition la veille avec vous, et acceptez une version allégée, dix images au lieu de vingt, pour qui la demande. Rappelez que la diapositive suivante arrive dans vingt secondes : une phrase ratée ne se voit presque pas. Un format vécu comme une épreuve produit l'inverse de l'effet cherché.

Le déroulé du pecha kucha, minute par minute

Ce déroulé est calé sur une équipe de 12 personnes réunie en séminaire, un tour de table en dix images de vingt secondes annoncé à l'avance, un facilitateur, 90 minutes. Adaptez le nombre de passages, pas le temps de discussion.

TempsCe qui se passeCe que fait le facilitateur
0 à 10 minCadre : pourquoi ce format, la question commune, l'ordre de passage, ce que fait la salle pendant les passagesAffiche l'ordre de passage, distribue les feuilles, annonce qu'on ne pose aucune question avant la fin
10 à 30 minPassages 1 à 6 : 3 minutes 20 chacun, enchaînés, le défilement tourne seulLance chaque fichier, tient les transitions à quelques secondes, ne commente pas
30 à 35 minRespiration : chacun note seul, pour chaque passage, ce qu'il retient et une questionTient le silence, relance l'écriture, prépare la série suivante
35 à 55 minPassages 7 à 12, dans les mêmes conditionsIdem, rappelle qu'on garde les questions
55 à 60 minTri : chacun choisit, sur sa feuille, les deux questions qu'il veut vraiment poserDemande deux questions, pas dix, et commence à noter au mur ce qui revient
60 à 85 minDiscussion : on part de ce qui revient dans plusieurs passages, puis des questions choisiesDistribue la parole, fait répondre les intervenants brièvement, fait passer les plus silencieux d'abord
85 à 90 minClôture : ce qui revient, ce qu'on en fait, qui porte les questions restées ouvertesNomme les points communs, fixe la date de réponse aux questions ouvertes, arrête à l'heure
La frise du déroulé du pecha kuchaCadre (10 min), Passages 1 à 6 (20 min), Respiration (5 min), Passages 7 à 12, dans les mêmes conditions (20 min), Tri (5 min), Discussion (25 min), Clôture (5 min)1021034355660790 min1Cadre · 10 min2Passages 1 à 6 · 20 min3Respiration · 5 min4Passages 7 à 12, dans le… · 20 min5Tri · 5 min6Discussion · 25 min7Clôture · 5 minPhases proportionnelles à leur durée. En jaune : la phase qui fait la différence.
Le déroulé sur une ligne de temps. PDF A4 · PNG

Ce que vous dites en salle, pendant le pecha kucha

Une proposition de consignes, phase par phase. Dites-les avec vos mots : ce qui compte, c'est l'ordre, et ce qu'elles interdisent.

À l'annonce, quelques semaines avant. « Chacun aura dix images de vingt secondes, qui défilent seules. Tout le monde répond à la même question. Un seul message par personne. Envoyez-moi votre fichier la veille. »

Au cadre. « Douze passages, 3 minutes 20 chacun, dans l'ordre affiché. Pas de question entre les passages. Pendant qu'on écoute, chacun note ce qu'il retient et ce qu'il veut demander. »

Entre deux passages. « Merci. Au suivant. » Pas plus. Les applaudissements, on les garde pour la fin.

À la respiration. « Cinq minutes, seul, en silence. Pour chacun de ceux qu'on vient d'entendre, une chose que vous retenez, une question. »

Au tri des questions. « Sur votre feuille, entourez les deux questions que vous voulez vraiment poser. Deux, pas dix. »

À la discussion. « On commence par ce qui revient chez plusieurs d'entre vous. Ensuite vos questions. Ceux qu'on n'a pas encore entendus parlent d'abord. Les réponses tiennent en une minute. »

À la clôture. « Voilà ce qui revient d'un passage à l'autre. Les questions restées ouvertes ont un porteur et une date de réponse. »

Quand ça dérape. Si un intervenant demande de revenir à une image : « On ne revient pas en arrière. Gardez-le pour la discussion. » Si quelqu'un veut réagir pendant un passage : « Notez-le sur votre feuille. On en parle dans vingt minutes. »

Avant le pecha kucha : ce qu'on prépare

La question commune, d'abord. Sans elle, douze personnes font douze rapports d'activité, et la discussion ne trouve rien à croiser. « Ce qui a changé dans mon périmètre cette année, et ce que j'attends des autres » donne douze réponses comparables. Une présentation de projet au comité de direction a aussi sa structure : trois images pour le contexte et les objectifs, quatre pour les étapes, sept pour les résultats à raison d'un chiffre par image, trois pour ce qu'on a appris, trois pour la suite et les demandes.

L'annonce, ensuite, tôt. Deux à trois semaines avant, avec la règle, la question, la date limite d'envoi et une offre de répétition la veille. Le format met en difficulté ceux qui ne sont pas à l'aise à l'oral quand il tombe sans préavis. Annoncé tôt, il les protège : ils ont le même temps que les autres et ils ont pu le préparer.

La technique. Tous les fichiers sur un seul ordinateur, la veille, avec le défilement automatique réglé à vingt secondes et testé image par image. La plupart des logiciels le font : les transitions dans PowerPoint, les options de présentation dans Google Slides, l'inspecteur de document dans Keynote. Un changement d'ordinateur entre deux passages coûte deux minutes et casse le rythme.

La place dans la journée. Pas en ouverture de matinée : le groupe n'est pas encore là, et les premiers passages seront crispés. Après un temps d'inclusion, en milieu de matinée, quand chacun a déjà entendu sa propre voix dans la salle. Si le séminaire est construit autour d'une histoire, la séquence y trouve sa place naturellement : c'est tout le travail d'une métaphore fil rouge.

La salle. Un écran que tout le monde voit, le présentateur debout à côté de l'écran et pas derrière un pupitre, le public en arc de cercle pour qu'on se voie aussi entre participants. Un chronomètre visible pour la discussion. Au-delà de 30 personnes, un micro.

Après le pecha kucha : le lundi d'après

Dans les 48 heures, les présentations rassemblées en un seul fichier partent à tous, avec la liste de ce qui est revenu d'un passage à l'autre et les questions restées ouvertes, chacune avec son porteur.

Dans la semaine, les réponses aux questions ouvertes arrivent, comme promis. C'est ce qui dit au groupe que la discussion n'était pas une formalité.

À trois semaines, dans une réunion qui existe déjà, un point sur ce que le tour de table a déclenché : une coopération entre deux périmètres, une demande qui a trouvé preneur. Au débrief à froid avec le commanditaire, à 15 ou 30 jours, une seule question : garde-t-on ce format pour les prochains tours de table ?

Les pièges du pecha kucha, vus en vrai

L'image couverte de texte. En vingt secondes, la salle choisit entre lire et écouter, jamais les deux. Une diapositive chargée annule le propos de celui qui parle. Dans l'annonce, écrivez la règle : une image, une idée, dix mots au plus.

Trois messages au lieu d'un. Le format ne tient qu'avec un fil rouge unique. Trois ou quatre idées en parallèle, et la présentation devient un catalogue que personne ne retient. Demandez le message en une phrase avant les images.

Pas de répétition au chrono. Sans répétition avec le défilement activé, l'intervenant se fait déborder dès la troisième image et court derrière ses diapositives. Proposez la répétition la veille, et faites-la vraiment.

Le concours déguisé. Un facilitateur qui félicite certains passages plus que d'autres, ou une salle qui commence à noter les prestations, et le tour de table devient un spectacle. Ceux qui ne sont pas à l'aise préparent la fois suivante un passage prudent. Un merci identique pour tous, et on passe.

La discussion rognée. Le format a fait gagner une heure, et l'organisateur remplit cette heure avec autre chose. Le temps libéré est fait pour la discussion. Si vous le supprimez, vous avez juste accéléré une série de monologues.

Adapter le pecha kucha : distanciel, petit groupe, grand groupe

En distanciel

Ça fonctionne, avec un seul partage d'écran tenu par le facilitateur, qui lance chaque fichier : pas de changement de présentateur à l'écran. L'intervenant parle caméra allumée. Les questions s'écrivent dans le chat pendant les passages et se lisent après, jamais pendant. L'hybride, une partie de la salle en présentiel et l'autre à distance, non : c'est le pire des deux mondes (voir animer en hybride).

Avec un petit groupe

Sous quatre, un tour de table en format court n'a plus d'intérêt : le temps se partage déjà. Gardez le format complet, vingt images de vingt secondes, pour une présentation de projet devant un petit comité, et donnez à la discussion trois fois le temps de la présentation.

Avec un grand groupe

Au-delà de 50, tout le monde ne passe pas. Le format sert alors à la restitution des sous-groupes : chaque sous-groupe prépare dix images pendant l'atelier, sur un modèle fourni, et un porte-parole les présente. Trois facilitateurs pour 50 à 60 personnes, un micro, et des séries de passages coupées par une respiration où chacun note ce qu'il retient. La discussion se fait ensuite par tables, pas en plénière.

Pour aller plus loin que le pecha kucha

Méthodes liées

Méthodes liées

Méthode · Débutant

Temps d'inclusion

Le temps d'inclusion ouvre un atelier ou une réunion : chacun dit où il en est face au sujet du jour, sans commentaire. 15 à 30 min, à la place de l'icebreaker.

Durée
10 min à 30 min
Participants
4 à 60
Niveau
Débutant
Format
présentiel, distanciel

Méthode · Intermédiaire

Product box

La product box fait fabriquer à une équipe la boîte de son projet, comme s'il se vendait en rayon : un slogan, trois arguments, et les désaccords sortent.

Durée
1 h à 2 h
Participants
5 à 30
Niveau
Intermédiaire
Format
présentiel, distanciel

Repère

Métaphore fil rouge

La métaphore fil rouge structure un séminaire entier autour d'une seule histoire, une expédition, un chantier : un outil de conception, pas une animation.

Durée
6 h à 21 h
Participants
6 à 150
Niveau
Intermédiaire
Format
présentiel, distanciel

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