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Débat mouvant ou décision par consentement ? L'un montre, l'autre tranche

Débat mouvant ou décision par consentement ? Le premier montre les désaccords debout et ne décide rien. Le second décide, assis, sur un texte. Ils se suivent.

4 min de lecture

Débat mouvant ou décision par consentement : ce n'est pas un choix, c'est un ordre. Le débat mouvant fait lever le groupe sur une affirmation clivante et rend visibles les accords et les désaccords ; il ne décide rien. La décision par consentement adopte une proposition écrite dès que personne n'a d'objection argumentée ; elle décide. On voit les positions debout, on décide assis. Un CODIR qui pratique les deux, dans cet ordre, sort avec une décision et sait d'où elle vient.

Le tableau : débat mouvant ou décision par consentement en huit critères

CritèreDébat mouvantDécision par consentement
Durée20 à 60 minutes, trois à cinq affirmations20 à 90 minutes par proposition
Taille du groupe8 à 60 personnes, optimum entre 12 et 303 à 15 personnes
Ce que ça produitUne photographie des positions et les arguments qui ont fait bouger des gens ; rien n'est décidéUne décision écrite, datée, avec une date de revue et un porteur
Quand l'utiliserUn groupe qui ne dit pas ses désaccords, un sujet où trois personnes parlent d'habitudeUne proposition écrite et un CODIR qui doit trancher
Quand ne pas l'utiliserIl faut décider ce jour-là, l'affirmation vise une personne, vous êtes en visio ou en hybrideIl n'y a pas de proposition écrite, la décision est déjà prise, vous êtes plus de 15
Nombre de facilitateurs1 jusqu'à 30 personnes, 2 au-delà1 qui ne participe pas à la décision, 2 pour un CODIR de 8 à 12
Préparation3 à 5 affirmations écrites avec le commanditaire, une salle où l'on peut se lever et traverserUne proposition d'une page envoyée 48 h avant, qui a le mandat, l'ordre de parole avec le dirigeant en dernier
La suite (le lundi d'après)Affirmations et arguments envoyés sous 48 h, jamais qui était où ; le temps de décision dans la semaineLe texte final sous 48 h, la première action dans la semaine, un point à trois semaines, puis la date de revue

La différence entre débat mouvant et consentement : l'un montre, l'autre tranche

Le débat mouvant produit une photographie. Dix-huit personnes d'un côté, sept de l'autre, et les arguments qui ont fait traverser la salle à trois d'entre elles. C'est précieux, et ce n'est pas une décision : laisser croire que le côté le plus nombreux a gagné, c'est un vote déguisé. La décision par consentement part d'un texte, une page au plus, envoyé 48 heures avant, et pose à chacun une question précise, à son tour : avez-vous une objection argumentée ? Pas « est-ce que vous adorez ». Une objection. Quand il n'en reste plus, la décision est prise, écrite, datée.

Le premier ne demande aucune proposition, seulement des affirmations. Le second ne marche pas sans proposition écrite. C'est exactement pour ça qu'ils se complètent : le débat fait sortir ce qu'il faut écrire.

Choisissez le débat mouvant si…

  • Le groupe ne dit pas ses désaccords. Une facilitatrice interne d'un grand groupe entendait « on est tous d'accord, c'est bon, avançons » dès qu'elle ouvrait une question. Debout, ça ne tient plus.
  • Vous n'avez pas encore de proposition à mettre sur la table, parce que le sujet n'est pas mûr.
  • Vous avez 8 à 60 personnes, une salle où l'on peut se lever, et 20 à 60 minutes.
  • Le commanditaire veut « se dire les choses » sans tomber dans le béni-oui-oui, et il a accepté que rien ne soit décidé ce jour-là.

Choisissez la décision par consentement si…

  • Il existe une proposition écrite, et un groupe de 3 à 15 personnes qui a le mandat de la trancher.
  • Votre CODIR se réunit toutes les semaines et il n'en sort rien : les mêmes sujets reviennent trois fois à l'ordre du jour.
  • Vous sortez d'un temps de divergence avec quarante idées et aucune décision.
  • Vous êtes en visio. Le consentement tient à distance, avec des tours stricts ; le débat mouvant, non.

Faire émerger les désaccords, puis décider : dans cet ordre

Un CODIR de collectivité nous disait l'avoir déjà pratiqué comme ça : le débat mouvant d'abord, la décision par consentement ensuite. C'est la bonne paire, et c'est celle qu'on propose quand un client décrit un CODIR qui ne décide rien. D'abord trois à cinq affirmations, écrites en cadrage, et la salle qui se place. On note les arguments qui ont fait bouger des gens. Dans la semaine, quelqu'un écrit une proposition à partir de ces arguments, et le groupe fait le tour d'objections, dirigeant en dernier.

Ce qui rend l'enchaînement possible, c'est une règle dite avant de commencer : qui décide, et comment. Faciliter n'est pas arbitrer. Si la réponse est « on verra », ne faites ni l'un ni l'autre.

Et si c'était les deux ?

C'est le cas le plus fréquent, et les deux tiennent dans une même demi-journée avec un groupe de 8 à 15. Ce qu'on ne fait pas : enchaîner sans texte. Entre le débat et le tour d'objections, il faut que quelqu'un écrive la proposition, même en trois lignes au paperboard, et que le groupe la lise. Un débat qu'on clôt par « bon, je crois qu'on est tous d'accord » est une demi-décision, et une demi-décision égale un bordel au carré. Le débat éclaire, le consentement tranche, et le lundi d'après il y a un texte, une date de revue et un porteur.

Les deux fiches

Méthode · Débutant

Débat mouvant

Le débat mouvant fait lever un groupe sur une affirmation clivante : d'accord d'un côté, pas d'accord de l'autre, on argumente, on bouge. Rien n'est décidé.

Durée
20 min à 1 h
Participants
8 à 60

Méthode · Intermédiaire

Décision par consentement

La décision par consentement adopte une proposition dès que personne n'a d'objection argumentée, en 20 à 90 minutes. Le format d'un CODIR qui doit trancher.

Durée
20 min à 1 h 30
Participants
3 à 15

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